Politique

Italie : le Premier ministre Matteo Renzi démissionne

Les Italiens ont répondu par la négative à sa proposition de réforme constitutionnelle via un référendum organisé ce dimanche. En conséquence, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a annoncé tôt ce lundi matin sa démission.

Par
Mis à jour le 5 décembre 2016 à 08:49

Matteo Renzi durant une conférence de presse le 5 décembre 2016 à Rome. © Gregorio Borgia/AP/SIPA

« Mon expérience de chef de gouvernement s’arrête là », a déclaré Matteo Renzi, visiblement ému, après sa défaite au référendum organisé dimanche 04 décembre sur la réforme constitutionnelle. Le jeune Premier ministre italien, âgé de 41 ans et arrivé au pouvoir en février 2014, a précisé qu’il remettrait sa démission au président italien Sergio Mattarella dans la journée, à l’issue d’un conseil des ministres.

« Aujourd’hui, le peuple italien a parlé sans équivoque. J’embrasse fort mes amis du oui, on a essayé », a-t-il ajouté en adressant ses félicitations au front du non, et en lui souhaitant d’œuvrer pour le bien de l’Italie et des Italiens.

Plus de 60% de non

Le scrutin portait sur une réforme constitutionnelle censée réformer et simplifier la vie politique dans un pays qui a vu défiler 60 gouvernements depuis 1948.

La réforme prévoyait entre autres une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces, l’équivalent des départements français.

Près de 60 % des électeurs italiens ont plébiscité le non. Une large majorité de la classe politique, de la droite classique aux populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, en passant par tous les extrêmes et même des frondeurs de gauche du PD de Matteo Renzi, avait appelé à voter en ce sens, dénonçant une trop forte concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement.

Période d’incertitude ? 

Arrivé au pouvoir en février 2014, celui que l’on surnommait l’homme pressé de la politique italienne avait alors promis de réformer son pays de fond en comble et de le ramener au premier plan en Europe. Mais en dépit d’une énergie que nul ne lui conteste, ce Toscan d’origine n’a jamais vraiment réussi à convaincre et encore moins à rassembler ses concitoyens.

Sa démission laisse présager d’une période d’incertitude à la fois politique et économique en Italie. Après le choc du Brexit et la montée des mouvements populistes, une nouvelle phase d’instabilité dans la troisième économie de la zone euro est possible.

L’euro fléchissait déjà ce lundi matin face au dollar, tombant au plus bas depuis 20 mois dans les premiers échanges asiatiques après cette victoire sans appel du non.