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Cet article est issu du dossier «La RDC, un diamant brut»

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Politique

RDC : Yvette Mwanza, un moral d’acier

Yvette Mwanza est l'une des rares femmes dirigeantess dans les mines. © Pierre Boisselet / JA

Les femmes dirigeantes dans les mines, c'est déjà rare. Qu'Yvette Mwanza, directrice exécutive d'African Smelting Group, soit parvenue à se faire une place de choix dans celles du Nord-Kivu, qui ont longtemps été sous la coupe des chefs de guerre, c'est exceptionnel. 

Calme, souriante, imposante… Dans son pagne à fleurs, cette femme de 45 ans dégage une force tranquille. Il faut sans nul doute des épaules solides pour assumer un parcours aussi atypique.

Présidente du comité « mines » de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) du Nord-Kivu et directrice exécutive d’African Smelting Group (à capitaux russes), Yvette Mwanza dirige quelques-uns des projets les plus importants du secteur, avec la construction d’une fonderie de cassitérite à Sake (à 20 km de Goma, en direction des riches territoires du Masisi et du Walikale), qui produira ses premiers lingots l’an prochain. Coût de cette usine : 2,5 millions de dollars (environ 2 millions d’euros). Et le groupe russe ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il prévoit de porter ses investissements à 21 millions sur cinq ans.

>> Revoir l’interview de Albert Yuma Mulimbi, président de la Fédération des entreprises du Congo

Originaire du Bas-Congo (ouest du pays), Yvette Mwanza avait 20 ans lorsqu’elle est arrivée à Goma avec son père, magistrat, nommé au tribunal de grande instance de la capitale provinciale. Étudiante en médecine, elle est sur le point d’obtenir son diplôme lorsque la première guerre du Congo éclate, en 1996. « Il ne me restait plus qu’un an de stage à faire pour devenir médecin, mais ces événements ont profondément bouleversé ma vision des choses… »

Elle se réfugie au Rwanda pendant une dizaine d’années pour fuir les violences, s’engage dans des associations féminines et suit une formation à l’entrepreneuriat. De retour à Goma en 2006, elle épaule son père, qui avait commencé à travailler comme conseiller juridique auprès d’investisseurs russes, à l’époque essentiellement présents dans la maintenance aéronautique. Avant de se tourner, avec elle, vers les industries extractives.

Aujourd’hui, Yvette Mwanza se bat pour que le secteur formel (« qui fait beaucoup d’efforts pour se blanchir », assure-t-elle) reprenne le contrôle des mines du Nord-Kivu. Objectif : que cette manne recommence à profiter à l’État, en même temps qu’à son groupe. Et qu’elle cesse d’alimenter des factions rebelles.

>> Lire aussi : Bye-bye groupes armées, bonjour groupes miniers

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