Politique

Nigeria : qui affrontera Goodluck Jonathan à la présidentielle ?

| Par
Atiku Abubakar, Sam Nda-Isaiah, Muhammadu Buhari, Rabiu Kwankwaso et Aminu Tambuwal.

Atiku Abubakar, Sam Nda-Isaiah, Muhammadu Buhari, Rabiu Kwankwaso et Aminu Tambuwal. © DR

Les délégués du principal parti d’opposition nigérian, le Congrès progressiste (APC), sont réunis mercredi à Lagos. Au programme : la désignation du candidat qui affrontera le président sortant Goodluck Jonathan lors de l’élection présidentielle de février 2015.

Ils sont cinq candidats à espérer s’opposer à Goodluck Jonathan en février prochain, lors de l’élection présidentielle : l’ancien dictateur Muhammadu Buhari, l’ex-vice-président Atiku Abubakar, le gouverneur de l’État de Kano récemment passé dans l’opposition, Rabiu Kwankwaso, le porte-parole à la chambre des représentants, Aminu Tambuwal et fondateur du groupe de presse Leadership, Sam Nda-Isaiah.

>> Lire aussi : "Nigeria : Goodluck Jonathan sur les chapeaux de roue"

Parmi les cinq candidats aux primaires de l’APC, deux semblent toutefois sortir du lot. Ces deux principaux prétendants ont de réelles chances de bousculer Goodluck Jonathan, dont le bilan, économique et sécuritaire, est très critiqué. Les voici :

Muhammadu Buhari

Âgé de 71 ans, il a été candidat lors des trois dernières présidentielles pour deux différents partis d’opposition aujourd’hui réunis au sein de l’APC, dont il est l’un des fondateurs. Général à la retraite, célèbre pour avoir mené une "guerre contre l’indiscipline" lors de son court passage au pouvoir, entre 1983 et 1985, il a fait de la corruption et de l’insécurité ses deux priorités de campagne.

Muhammadu Buhari bénéficie en outre des faveurs de Bola Tinubu, une des personnalités les plus influentes de l’APC, et peut compter sur un support massif des régions du nord-ouest et du nord-est du Nigeria. Il est toutefois handicapé par la série de défaites qu’il a engrangée lors de ses trois dernières tentatives malheureuses, qui pourrait pousser les cadres du parti à privilégier un autre candidat.

En 2007, il avait terminé à la seconde place de la présidentielle, derrière Umaru Yar’Adua, alors qu’il était candidat du ANPP (All Nigeria People’s Party). Le 16 avril 2011, Buhari se présente à l’élection présidentielle contre Goodluck Jonathan. Il est une nouvelle fois battu dès le premier tour avec 31 % des voix contre 57 % à Jonathan. Il est également connu pour sa gestion de la crise alimentaire de 1984-1985, où, pour des raisons populistes, il a expulsé le million de Nigériens vivant alors au Nigeria. Cet épisode de famine est appelé "El-Buhari" à l’est du Niger.

Atiku Abubakar

Âgé de 68 ans, l’ancien vice-président d’Olesegun Obasanjo, de 1999 à 2007, semble avoir une meilleure connaissance des rouages de la politique nigériane, selon les experts. Il disposerait en outre de moyens financiers plus importants.

Atiku Abubakar a longtemps été considéré comme le dauphin du président Obasanjo. Cependant ayant mené la fronde contre la tentative de modification constitutionnelle que celui-ci envisageait afin de briguer un troisième mandat, il est ensuite tombé en disgrâce. Exclu du parti au pouvoir, le Parti démocratique du Peuple (PDP), il a créé son propre parti, l’Action congress (AC), aujourd’hui membre de la coalition d’opposition APC.

En 2007, il en est le candidat à la présidentielle, de justesse. Son propre dossier avait en effet été auparavant invalidé alors que son nom figurait dans une liste de 135 hommes politiques jugés "inadaptés à tenir un mandat en raison de leur corruption" par l’agence gouvernementale de lutte contre la corruption. La Cour suprême finira par valider sa candidature indépendante et il se classera troisième du scrutin, derrière Umaru Yar’Adua, et Muhammadu Buhari.

____________

Par Mathieu OLIVIER

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer