Politique

Législatives à Maurice : écrasante victoire d’Anerood Jugnauth face à Navin Ramgoolam

Anerood Jugnauth (g.), leader de la coalition Lepep, salue un sympathisant, le 11 décembre 2014. © Nicholas Larche/AFP

Selon des résultats officiels définitifs, la coalition Lepep ("le peuple"), emmenée par l'ancien président Anerood Jugnauth, a remporté une éclatante victoire aux législatives mauriciennes du 10 décembre face au Premier ministre sortant Navin Chandra Ramgoolam, qui a reconnu sa défaite.

Mis à jour à 13 heures 50

C’est un revers spectaculaire pour le premier ministre mauricien sortant, Navin Chandra Ramgoolam, qui a admis jeudi 11 décembre soir la défaite de son camp aux législatives de la veille face à la coalition Lepep (Le Peuple) emmenée par l’ancien président Anerood Jugnauth, prochain chef du gouvernement.

Les élections de mercredi "se sont déroulées dans le respect de la démocratie. L’électorat a fait son choix, je l’accepte humblement", a reconnu Navin Chandra Ramgoolam dans une brève allocution en créole à la radio-télévision nationale. "Je prends les dispositions afin de rencontrer le président de la République pour lui soumettre ma démission", laquelle pourrait intervenir dès vendredi.

Ramgoolam, 67 ans, est personnellement battu dans son propre fief et perd son siège de député, qu’il occupait depuis plus de 20 ans.

Le taux de participation s’est élevé mercredi à 74,1%. Selon les résultats officiels définitifs, la coalition Lepep rafle 47 des 62 sièges de l’Assemblée nationale. Le Parti travailliste (PTr) de Ramgoolam ne récupère que 13 sièges. Ramgoolam, 67 ans, est personnellement battu dans son propre fief et perd son siège de député, qu’il occupait depuis plus de 20 ans.

Quatre groupes ethniques

L’Alliance Lepep l’emporte dans 17 des 20 circonscriptions de l’île Maurice et rafle la totalité des trois sièges en lice dans onze d’entre elles. Le MSM rafle à lui seul 33 sièges (contre 9 dans l’Assemblée sortante) et ses alliés du PMSD et du ML sept chacun dans la nouvelle Assemblée.

La coalition PTr-MMM perd elle plusieurs de ses fiefs. Le PTr de Ramgoolam paie très cher la déroute ne sauvant que 4 des 33 sièges qu’il détenait dans l’Assemblée sortante. Le MMM passe lui de 20 députés à neuf dans le nouvel hémicycle.

En plus des 62 députés élus, huit sièges supplémentaires seront attribués par la Commission électorale parmi les candidats non-élus ayant réalisé les moins mauvais scores, suivant un système complexe destiné à rééquilibrer la répartition des sièges entre les partis et les communautés d’un archipel qui compte de 1,3 million d’habitants. Quatre groupes ethniques sont reconnues par la Constitution : les Hindous – majoritaires -, les Musulmans, les Chinois et la "population générale" composée essentiellement de métis dit créoles et de blancs d’origine européenne.

Le projet de "seconde république" enterré

Le futur Premier ministre, Anerood Jugnauth, 84 ans, a déjà occupé deux fois ce poste, en plus de celui de chef de l’État (octobre 200-mars 2012). "Je vais m’atteler au travail pour mettre en œuvre l’espoir placé en moi", a-t-il déclaré jeudi soir. Sa victoire sonne le glas d’un projet de réforme constitutionnelle voulu par la coalition formée en septembre entre le PTr de Ramgoolam et le Mouvement militant mauricien (MMM) de l’ancien chef du gouvernement Paul Bérenger (2003-2005), qui conserve de justesse son siège de député.

Ce projet de "Seconde République" prévoyait de profondément modifier les institutions de l’archipel, démocratie stable depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, en renforçant les pouvoirs, aujourd’hui largement honorifiques, du président de la République et en le faisant élire au suffrage universel direct et non plus par l’Assemblée.

"Le peuple a senti le danger qui le menaçait à travers la Deuxième République", a estimé M. Jugnauth, qui a promis "un deuxième miracle économique" à Maurice, un des pays les plus riches d’Afrique grâce à une économie basée sur le textile, le sucre et le tourisme. Maurice stagne cependant dans le camp des pays à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant d’un peu plus de 9 000 dollars.

(Avec AFP)

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