Politique

Jihad : Boko Haram plus féroce que l’État islamique

Les attaques jihadistes ont fait plus de 5000 morts au mois de novembre 2014. © AFP

Se basant sur les données de la BBC, un centre d'études britanniques a publié mercredi un rapport aussi macabre que détaillé sur les morts causés par le jihad au cours du mois de novembre 2014. En termes de férocité, Boko Haram est loin devant l'État islamique…

Au cours du seul mois de novembre, 664 attaques jihadistes ont causé la mort de 5042 personnes à travers le monde. C’est ce que révèle en substance un rapport détaillé du Centre international d’études sur la radicalisation et la violence politique (ICSR), publié le 10 décembre, qui a réussi "à enregistrer tous les décès causés par des groupes jihadistes ou leurs réseaux" dans la période considérée. Et ce, en combinant ses propres données avec celles recueillies auprès de la BBC.

Il en résulte qu’avec plus de 800 morts en seulement 30 attaques, soit une moyenne de 27 morts par assaut, Boko Haram est le groupe le plus féroce au monde. En prenant donc en compte le ratio entre le nombre de morts et le nombre d’attaques, la secte islamiste, qui commet des massacres au Nigeria et au Cameroun, devance les 16 groupes jihadistes répertoriés dans l’étude. L’État islamiste, le plus actif de tous avec 306 attaques, reste tout de même le plus meurtrier avec 2 206 victimes au cours de la même période, mais sa létalité n’est "que" de 7 morts par attaque.

Plus de 680 civils tués au Nigeria en novembre

En outre, sur le continent, ces violences ont essentiellement ciblé les populations civiles. Au Nigeria par exemple, sur les 786 victimes des attaques jihadistes comptabilisées, près de 87 % étaient des civils. Il en est de même au Kenya où 96 % des personnes tuées par les Shebab se comptent parmi les civils. En terme de comparaison, le pourcentage de civils tués en Irak et en Syrie au cours de la même période est d’environ 39%.

>> Lire aussi : Boko Haram, la menace fantôme

Avec 786 morts en un mois, le Nigeria se retrouve également sur le podium des pays les plus touchés par les attaques jihadistes. Juste derrière l’Irak (815), mais devant… l’Afghanistan et la Syrie. Une situation qui s’expliquerait par "l’extrême brutalité" et "l’absence de retenue" de la secte islamiste, selon les auteurs de l’étude. Actif dans un pays à majorité chrétienne où il n’aurait pourtant pas de mal à cibler les "infidèles", Boko Haram n’hésite pas à frapper les musulmans. Une de ses attaques les plus meurtrières du mois de novembre a même été perpétrée dans une mosquée : 120 personnes tuées. En clair, le niveau quotidien de létalité de Boko Haram en novembre est pire que celui d’Ebola, qui a fait environ 6 000 victimes depuis le début de l’année, soit en moyenne environ 17 par jour…

>> Voir aussi notre carte interactive : Boko Haram, dix années de terreur

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Par Trésor Kibangula

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