Défense

Cameroun : en riposte à Boko Haram, l’armée tue 116 de ses combattants

Des soldats camerounais le 12 novembre 2014 à Amchide près de la frontière avec le Nigeria.

Des soldats camerounais le 12 novembre 2014 à Amchide près de la frontière avec le Nigeria. © Reinnier Kazz/AFP

Les soldats camerounais positionnés à Amchidé, à la frontière avec le Nigeria, ont répliqué à une attaque de Boko Haram mercredi, tuant 116 islamistes, a déclaré le ministère de la Défense, qui a également fait état d’un mort côté camerounais.

Selon Yaoundé, plusieurs centaines d’islamistes ont attaqué mercredi 17 décembre simultanément une colonne de véhicules militaires – détruisant au moins deux véhicules – et la base de l’armée camerounaise.

"La zone d’Amchidé a été attaquée aux environs de 10h20 (9h20 GMT) par des membres de la secte Boko Haram", a indiqué un communiqué du ministère de la Défense. "Une colonne constituée d’un camion du génie-militaire, quatre pick-up du BIR (Bataillon d’intervention rapide, unité d’élite de l’armée camerounaise) a été prise dans une embuscade déclenchée par un engin explosif improvisé", selon le document.

"Au même moment (…) la base militaire d’Amchidé a été attaquée par des centaines de combattants de cette secte. La riposte de nos forces de défense a été instantanée et appropriée", a-t-il assuré. "Du côté des assaillants, l’on dénombre 116 morts en territoire camerounais et des dégâts non déterminés en territoire nigérian suite aux tirs de notre artillerie", a affirmé le ministère.

>> Lire aussi : La drôle de guerre du Cameroun contre Boko Haram

Il y a aussi "un mort du côté camerounais et un officier qui manque à l’appel", tandis que "sur le plan matériel, un pick-up et un camion de transport de nos forces de défense ont été détruits, un camion du génie-militaire emporté", a-t-il précisé.

Amchidé, point de tension

Amchidé n’est séparée que par un pont – matérialisant la frontière – de la localité nigériane de Banki, contrôlée depuis plusieurs mois par Boko Haram. La base de l’armée camerounaise y est régulièrement attaquée.

Une patrouille à Amchidé. ©AFP

Ce fut notamment le cas le 15 octobre. Ce jour-là, après avoir pris le contrôle du village, des éléments de Boko Haram fonce sur le camp. Une 504 bourrée d’explosif explose d’abord avant qu’un char blindé n’ouvre le feu. Les combats durent des heures. Ils sont très violents, les jihadistes disposant d’un arsenal digne d’une armée régulière (trois chars, des mitrailleuses 14.5 et une infanterie composée de centaines d’hommes).

Bilan : huit morts dans les rangs de l’armée, au moins 107 chez l’ennemi et une trentaine de civils abattus.

Loi antiterroriste

Après avoir été accusées de sous-estimer la menace, les autorités ont semble-t-il pris les choses en main. Des renforts en hommes (7 000 soldats ont été recrutés) et en blindés ont été envoyés dans l’Extrême-Nord où une nouvelle région militaire interarmées (la quatrième) a vu le jour. Deux opérations : Alpha (pour les forces spéciales) et Émergence (pour les forces régulières) y sont simultanément menées.

Une nouvelle loi antiterroriste très controversée a également été adoptée par le Parlement camerounais. Elle permet notamment à un tribunal militaire d’imposer à un journaliste de divulguer ses sources. Une loi qui inquiète l’opposition et la société civile.

(Avec AFP)

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