Politique

Nigeria : Boko Haram enlève près de 200 personnes, dont des femmes et des enfants

Le leader de Boko Haram dans une vidéo publiée par le groupe extrémiste, le 2 octobre 2014. © AFP

Les islamistes de Boko Haram ont attaqué dimanche un village dans le nord-est du Nigeria. Lors de l'assaut, 32 personnes ont été tuées et au moins 185 ont été enlevées. Parmi elles figurent des femmes et des enfants.

Mis à jour à 19h15.

Des insurgés de Boko Haram ont attaqué dimanche 14 décembre le village de Gumsuri, à 70 kilomètres au sud de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno. D’après un premier bilan, au moins 185 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été enlevées et 32 autres tuées lors de cette attaque meurtrière. Selon des témoins, les assaillants ont jeté des cocktails molotov et des bidons d’essence sur les maisons, tout en tirant sans distinction sur les habitants.

"Ils ont tué 32 personnes, dont l’imam de la localité et le chef de la milice locale", a déclaré un responsable local. "Après avoir tué nos jeunes, les insurgés ont emmené nos femmes et nos filles", a dit un habitant, Mukhtar Buba, qui a fui Gumsuri pour se réfugier à Maiduguri.

Selon une liste établie par les îlotiers et les chefs traditionnels de Gumsuri avec les familles des victimes, de jeunes garçons font aussi partie des 185 otages. Un chef de milice basé dans cette région, Usman Kakani, a de son côté affirmé que 191 femmes et enfants avaient été capturés. Selon les témoins, les islamistes ont fait monter les otages à bord de camions et les ont emmenés dans la forêt de Sambisa, un de leurs fiefs, où les lycéennes de Chibok avaient aussi été transportées avant d’être séparées en petits groupes.

>> Lire aussi Jihad : Boko Haram plus féroce que l’État islamique

"Califat islamique"

Les informations sur cette attaque ont mis quatre jours à émerger, notamment à cause de l’absence quasi-totale de réseau de téléphonie mobile et des routes en mauvais état dans cette région. Selon un des responsables locaux, le village bénéficie de la protection d’une milice privée relativement efficace, mais celle-ci a été dépassée par l’attaque de dimanche.

Ce nouveau raid démontre à nouveau la faiblesse de l’armée nigériane, mal équipée, en sous-effectif, dans une région qui est le théâtre d’attaques islamistes quasi quotidiennes et où Boko Haram a déclaré avoir instauré un "califat islamique". Goodluck Jonathan, candidat à sa réélection en février 2015 à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique, très critiqué pour son manque de réactivité au moment du rapt des lycéennes de Chibok, avait pourtant promis de mettre un terme aux violences et de reprendre la vingtaine de villes tombées aux mains de Boko Haram ces derniers mois.

Si le drame de Chibok – 219 filles sont toujours otages de Boko Haram – avait marqué les esprits, en raison de la mobilisation internationale autour de la campagne #Bring back our girls sur les réseaux sociaux, le kidnapping de femmes par les islamistes est relativement fréquent dans cette région du Nigeria. Selon un récent rapport de Human Rights Watch, ces femmes et jeunes filles servent d’esclaves sexuelles, font la cuisine et les tâches ménagères dans les camps de Boko Haram, et sont aussi utilisées en première ligne dans les combats

54 soldats condamnés à mort

Malgré leurs faibles moyens logistiques, les Civilian JTF, ces jeunes réunis au sein de milices pour combattre les islamistes, semblent s’être substitués à l’armée dans plusieurs zones du nord-est, où les attaques de Boko Haram sont quasi quotidiennes. Mercredi, un cour martiale nigériane a condamné à mort 54 soldats accusés de mutinerie pour avoir refusé de participer à une opération contre les islamistes dans cette région. Les soldats placés en première ligne se plaignent constamment du manque d’armes et de matériel.

Les islamistes, qui se sont emparé d’une vingtaine de villes et ont proclamé un califat dans les zones sous leur contrôle, possèdent des chars, des lance-roquettes et d’autres armements lourds, alors que les troupes nigérianes manqueraient même de munitions pour leurs fusils AK-47.

Par ailleurs, plusieurs centaines de combattants de Boko Haram ont attaqué mercredi une base de l’armée camerounaise à Amchidé, une localité de l’extrême-nord du Cameroun frontalière avec le Nigeria. L’armée camerounaise a affirmé avoir tué 116 islamistes et déplorer seulement un mort dans ses rangs

>> Lire aussi : La drôle de guerre du Cameroun contre Boko Haram

(Avec AFP)

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