Politique

Afrique du Sud : le rapport officiel qui accuse Jacob Zuma

Ce document, qui devait être initialement publié le 14 octobre, porte principalement sur des soupçons d’influence de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires indienne – les Gupta – sur le président sud-africain, au point de lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser leurs intérêts, ou d’user de leur influence pour décrocher des contrats gouvernementaux.

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Mis à jour le 2 novembre 2016 à 17:50

Le président sud-africain Jacob Zuma le 20 septembre 2016 à la tribune des Nations Unies. © Frank Franklin II/AP/SIPA

Bien que le président ait reconnu être proche de la famille Gupta, Jacob Zuma a toujours nié toute influence de leur part dans ses décisions politiques. Dans ce document de 355 pages intitulé « La Prise de contrôle de l’État », la médiatrice de la République Thuli Madonsela, chargée du bon usage des derniers publics, « porte à l’attention du parquet » et de l’unité d’élite de la police « les problèmes identifiés dans ce rapport où il semble que des crimes ont été commis ».

Interrogations sur l’ex-ministre des Finances 

La désormais ancienne médiatrice – le mandat de Thuli Madonsela a expiré mi-octobre – juge notamment inquiétant que le député David Van Rooyen se soit rendu à sept reprises chez les Gupta, y compris la veille de sa nomination surprise au ministère des Finances en décembre dernier. « Cela semble anormal compte tenu du fait qu’il était (simplement) membre du Parlement », souligne-t-elle notamment.

Pour rappel, la nomination de Van Rooyen (sans expérience ministérielle) avait provoqué la panique des marchés, plombé la devise nationale, et finalement contraint le président Zuma à faire marche-arrière. Au bout de quatre jours seulement, l’ex-ministre Pravin Gordhan, très apprécié par les marchés, avait été rappelé à ce poste.

Volte-face inattendue de Jacob Zuma 

Pendant ses sept ans de mandat, Thuli Madonsela s’est illustrée par sa détermination à lutter contre la corruption au sommet de l’État et est devenue la bête noire du président Zuma. Ce dernier – qui accumule les scandales depuis sa prise de fonction en 2009 – avait tenté de bloquer, via les tribunaux, la publication de ce rapport. Puis, dans une volte-face inattendue ce mercredi, il a renoncé à son recours devant la justice pour empêcher la publication du rapport.

Dans la foulée, la Haute Cour de Pretoria, qui était saisie de l’affaire, a ordonné la publication immédiate du document, une décision à laquelle s’est soumis le bureau de la médiatrice.

Déclaration de l’ANC attendue jeudi 

De son côté, le Congrès national africain (ANC) a annoncé qu’il examinait le rapport de la médiatrice sur l’influence qu’auraient exercée les trois hommes d’affaires de la famille Gupta dans la désignation de certains ministres. Le parti au pouvoir a précisé qu’il fera connaître jeudi sa position dans cette affaire.