Environnement

COP22 : une « odyssée des alternatives » fait escale en Tunisie

Le vieux port de Bizerte, en Tunisie. © Imen Bouhajja/Wikimedia Commons

Une flottille de voiliers reliant l'Espagne au Maroc est arrivée jeudi en Tunisie. Surnommée l’Odyssée des alternatives Ibn Battûta, en hommage à l’explorateur marocain du XIVe siècle, elle s’arrêtera ensuite à Alger et Tanger pour sensibiliser aux inégalités face au changement climatique.

Partie de Barcelone le 19 octobre, cette odyssée a parcouru la moitié du chemin prévu. Après Seyne sur mer, Porto Torrès et Bizerte, sa route se poursuivra jusqu’au 11 novembre, avec la COP 22 en ligne de mire. Avec plusieurs collectifs et associations à bord, elle « fera écho aux enjeux de justice sociale, de climat et de migrations ainsi qu’aux solutions qui émergent déjà sur les rives de la Méditerranée et du Sahel ».

En Tunisie, le mouvement Stop Pollution, la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), la fondation Rosa Luxembourg Tunisia, l’Union générale des travailleurs tunisiens, (UGTT) et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) sont de la partie.

Gabès, ville victime

Après avoir amarré à Bizerte le 27 octobre et présenté l’initiative au local du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) à Tunis, l’équipe s’est rendue à Gabès, où se déroule un Forum tunisien pour l’environnement et le climat jusqu’au 30 octobre.

Particulièrement affectée par la pollution industrielle, la ville est tiraillée par des problèmes à la fois économiques (fort taux de chômage) et environnementaux.

Le 26 août, le cadavre d’un ouvrier, vraisemblablement mort par asphyxie en inhalant du gaz dans la zone industrielle de Gabès, a été admis à l’hôpital régional, a indiqué l’agence TAP. Un événement suite auquel l’UGTT a rappelé qu’un certain nombre d’agents de maintenance de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) de Gabès ont déjà été victimes de suffocation et d’asphyxie par l’inhalation de gaz toxiques s’échappant des cheminées des industries locales. La situation à Gabès, « ville envahie par la pollution qui détruit l’environnement et tue des gens », est désormais « insupportable [et ne peut] être ignorée » a fait savoir la centrale syndicale dans un communiqué.

L’Observatoire tunisien de l’eau met en garde contre « un soulèvement de la soif » dans les zones les plus défavorisées du pays.

Par ailleurs, la Tunisie, en proie à une sécheresse croissante et à une répartition géographique très déséquilibrée du potentiel hydrique, devrait faire partie des pays les plus vulnérables au « stress hydrique » (ou pénurie d’eau) au cours des prochaines années, d’après le World Resources Institute et la Facilité africaine de l’eau (FAE). L’Observatoire tunisien de l’eau a aussi mis en garde contre « un soulèvement de la soif » dans les zones les plus défavorisées, où existent déjà de vives tensions sociales.

Des menaces face auxquelles il est encore temps de réagir, affirment les organisateurs de l’Odyssée des alternatives. Et ce en encourageant les échanges euro-africains et en avançant « vers une adaptation au changement climatique basée sur les écosystèmes et les communautés ».

Dans le sillage d’Ibn Battûta

Nait en 1304 à Tanger dans une riche famille berbère, Abu Abdullah Muhammad Ibn Battûta compte parmi les plus célèbres explorateurs de l’Histoire. Jeune diplômé en théologie, il commence par le pèlerinage de La Mecque à 21 ans. Parti en 1325, il parcourt l’Afrique du Nord en longeant le littoral. Pendant plusieurs années, il poursuit sa découverte du monde, de l’Afrique de l’Ouest à l’Espagne en passant par l’Inde, la Chine et les Maldives. Il parcourt ainsi plus de 120 000 kilomètres, soit trois fois la distance parcourue plus tard par Marco Polo !

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