Entreprises & marchés

Tunisie : la hotline qui doit améliorer les relations entre administrations et entreprises

Siège de Mac SA, société d'intermédiation basée aux Berges du Lac. Le 30 mai 2013. © Ons Abid pour JA

Redressements fiscaux, blocage en douanes, manque d'informations... pour tenter de réduire les difficultés quotidiennes auxquelles sont exposées les entreprises tunisiennes, notamment dans ces liens avec l'administration, une plateforme de service, mise sur pied par plusieurs organisations patronales et par la Présidence tunisienne, ouvrira le 1er novembre.

La société Animalis, spécialisée dans la confection d’aliments pour chiens et chats, s’est vu adressée un redressement fiscal de 60 000 dinars (24 400 euros environ) pour des arriérés de paiement de TVA. Une situation ubuesque pour le gérant Lotfi Lejri. Ses client sont les ministères de la Défense et de l’Intérieur à qui il fournit la nourriture pour les chiens.

« Ils paient avec au moins cinq mois de retard alors que je dois payer la TVA à l’émission de la facture ! », dénonce-t-il, ajoutant que ces ministères attendent en général plusieurs livraisons avant de faire un versement groupé. Le ministère des Finances lui réclame ce que les ministères de la Défense et de l’Intérieur refusent de lui donner. Lotfi Lejri a finalement trouvé la solution : ne plus répondre à l’appel d’offre public qui s’ouvre bientôt et se concentrer sur la grande distribution qui a obligation de payer dans les trois mois.

Inauguration d’une boulangerie sans le verre de la porte d’entrée bloqué en douane

Idem, à la tête de la florissante pâtisserie Gourmandise, Radhia Kamoun Megdiche jongle avec le casse-tête douanier. Pour faire face à la lenteur des procédures à la frontière, elle ajoute facilement un à deux mois sur le temps de livraison pour s’assurer de ne pas être en rupture de stock. Ce qui n’a pas empêché la société de souffrir des procédures douanières, victime de son succès. L’enseigne a connu beaucoup d’ouvertures et de modernisation de boutiques cette année, la Douane n’a pas suivi le rythme.

« J’ai dû faire une ouverture alors que la porte d’entrée n’avait pas de verre, bloqué à la frontière. Une autre fois, un magasin n’a pas pu servir de viennoiserie pendant les premières semaines car les papiers pour importer la chambre à fermentation n’étaient pas encore prêts. »

Des blocages administratifs dans lesquels les entrepreneurs tunisiens se retrouvent facilement. À tel point qu’une plateforme téléphonique SOS Ijraat (81 101 414) s’ouvrira le 1er novembre. Les entrepreneurs mais également les professions libérales pourront y faire part de leurs doléances, qui devront être transmises dans la foulée à l’administration compétente et un suivi du dossier devrait être réalisé.

Derrière la ligne SOS Ijraat se trouve le think tank libéral Instauring an Advocay Champion for Economy qui espère ainsi lutter contre les blocages et les freins administratifs qui enrayent l’activité économique et soutenir le processus de réformes de l’administration. L’UTICA (syndicat patronal), l’UTAP (syndicat des pêcheurs et agriculteur) et la Présidence tunisienne sont les autres partenaires de cette initiative.

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