Environnement

Biodiversité : l’homme est un loup pour l’homme… mais pas seulement

Illustration de la déforestation, au Brésil, en 2015. © Andre Penner/AP/SIPA

En un peu plus de quarante ans, la planète Terre a perdu 58% de sa population animale de type vertébré. Une situation alarmante qui risque bien de se poursuivre, notamment en Afrique, prévient le Fonds mondial pour la vie sauvage (WWF).

Bienvenue dans l’ère de l’ « anthropocène ». Issu du grec ancien anthropos (« être humain ») et kainos (« nouveau »), ce terme signifie que l’homme, et non plus les forces naturelles, représente le premier moteur des transformations planétaires. L’Homme serait désormais quasiment omnipotent (du latin, cette fois, omnis (tout) et potentia (puissance)) par rapport à son habitat.

Pour le meilleur. Et pour le pire. En 2012, selon le rapport Planète vivante 2016 de WWF, rendu publique le 27 octobre, l’empreinte écologique de l’humanité atteignait ainsi 20,1 milliards d’hectares globaux (soit 2,8 par personne). Ceux-ci représentent la surface terrestre et maritime nécessaire à l’humanité pour produire chaque année les biens et services consommés et absorber les déchets générés.

En résumé : un humain a besoin de 2,8 hectares en moyenne, chaque année, afin de produire ses biens de consommation et détruire ses déchets. Or, les scientifiques ont calculé que la Terre disposait d’une capacité totale de 12,2 milliards d’hectares globaux en 2012, et pouvait donc fournir 1,7 hectare par personne. Bilan : l’humanité vit à crédit.

Une humanité à crédit

Arbres coupés plus rapidement qu’ils ne repoussent, quantité de poissons pêchés supérieure au renouvellement de leur population, quantité de carbone rejetée supérieure à celle pouvant être absorbée… L’homme utilise chaque année l’équivalent d’1,6 fois la bio-capacité terrestre.

Les responsables ? Deux visions se superposent. D’un côté, la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie et le Japon, très  peuplés et développés (à différents niveaux certes), forment le club des cinq pays ayant l’impact le plus négatif sur la planète. De l’autre, le Luxembourg, l’Australie, les États-Unis, le Canada et Singapour détiennent les empreintes écologiques par habitant les plus élevées au monde.

Dans les deux cas, le continent africain reste, quant à lui, à des niveaux moindres. « Il est vrai que le continent part d’une situation moins grave et que l’empreinte de l’homme, pour croissante soit-elle, y reste encore en général plus faible que dans les pays industrialisés, mais pour combien de temps encore ? » s’interrogeait Geoffroy Mauvais, en charge du programme Aires protégées d’Afrique & conservation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans Jeune Afrique.

Empreinte écologique moyenne par habitant dans chaque pays en 2012

WWF

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Sixième extinction de masse

Le continent africain a en tout cas tout intérêt à se pencher sur des politiques réduisant son empreinte écologique. « Il nous appartient donc de redéfinir la relation que nous entretenons avec notre planète, en passant d’un mode de gaspillage, d’insoutenabilité et de prédation à des rapports où les êtres humains et la nature coexistent en harmonie », explique Marco Lambertini, directeur général de WWF International.

L’Indice « Planète Vivante », qui mesure la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces de vertébrés, révèle ainsi que les populations des espèces considérées ont décliné de 58% entre 1970 et 2012. Pire, si l’humanité continue à ce rythme jusqu’en 2020, dans à peine quatre ans les populations de vertébrés risquent de régresser de 67% par rapport à 1970.

Parmi les régions les plus affectées, l’Afrique australe, le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, où les sols sont de plus en plus dégradés, perdraient plus de 30% de leur biodiversité, au même titre que le Brésil, l’Inde ou encore l’Australie.

Prévision de la réduction nette de la richesse en espèces locales à l’horizon 2090

WWF

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Seules quelques régions bénéficieraient de conditions plus favorables en raison du changement climatique, comme certaines zones du Sahara ou du Sinaï, où le nombre d’espèces pourrait faiblement augmenter. Un bien maigre lot de consolation à l’heure où les scientifiques s’accordent pour considérer l’ère de l’ « anthropocène » comme la sixième extinction de masse de l’histoire de la Terre.

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