Politique

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo refuse de comparaître à son procès

L’ex-première dame de Côte d’Ivoire a refusé mardi de comparaître à son procès à Abidjan pour crimes contre l’humanité, suivant ainsi le conseil de ses avocats. Ces derniers avaient déjà annoncé lundi qu’ils suspendaient leur participation en raison de l’impossibilité selon eux de faire témoigner certaines personnalités comme Guillaume Soro ou Jeannot Kouadio Ahoussou.

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Mis à jour le 25 octobre 2016 à 16:31

L’ancienne première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, au second jour de son procès devant la Cour d’appel d’Abidjan, le 1er juin 2016. © AFP/ISSOUF SANOGO

« Ce matin quand j’ai envoyé les agents de sécurité la quérir, elle leur a fait dire qu’elle ne pouvait pas venir, en conformité avec la décision de ses avocats de suspendre leur participation », a déclaré le procureur général Aly Yéo. Le juge a ensuite suspendu le procès pour le reporter au 3 novembre mais rien ne dit que la situation aura changé d’ici là.

« Nous déciderons en fonction des événements. On continue à demander la comparution des témoins, c’est le principe même d’un procès ! On n’a pas entendu les acteurs. C’est une honte », a affirmé à l’AFP Me Ange Rodrigue Dadje, l’avocat de Simone Gbagbo. « Techniquement, je ne sais pas s’ils peuvent continuer le procès sans nous. C’est à eux (les juges) de prendre leurs responsabilités », a-t-il expliqué, ironisant : « s’il veulent, ils peuvent même rendre le jugement » le 3 novembre.

Les avocats dénoncent un procès « biaisé » 

Lundi, alors que devait commencer la première audience consacrée aux témoins de la défense, les avocats de Simone Gbagbo avaient demandé à entendre l’actuel président de l’Assemblée nationale, l’ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, l’ancien Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l’ex-ministre Charles Koffi Diby et l’ex-patron de l’armée, le général Philippe Mangou, et le directeur général de la police nationale Brindou M’Bia.

« Nous suspendons notre participation jusqu’à nouvel ordre. Le procès est biaisé, la Cour n’a pas envie d’un procès équitable. Nous constatons que nos témoins ne sont pas présents », avait alors annoncé Dohora Blédé, un des avocats de Mme Gbagbo, estimant que ces « ces personnes (étaient) indispensables à la manifestation de la vérité ».

La Cour d’assises d’Abidjan juge Simone Gbagbo depuis le 31 mai. Elle est citée, selon l’accusation, pour son implication dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier favorable à Alassane Ouattara, et pour sa participation à une cellule de crise qui planifiait et organisait des attaques à travers des milices et des membres des forces armées proches du régime.