Finance

La Côte d’Ivoire, première économie d’Afrique de l’Ouest à être notée en CFA

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Mis à jour le 25 octobre 2016 à 15h00
Vue d'Abidjan, à moins d’une heure de Grand-Bassam via la nouvelle voie express.

Vue d'Abidjan, à moins d’une heure de Grand-Bassam via la nouvelle voie express. © Ruth McDowall

Vendredi la Côte d’Ivoire a reçu sa première notation de l’agence de notation panafricaine Bloomfield. C’est le premier pays d’Afrique de l’Ouest à recevoir une appréciation de ses fondamentaux économiques estimés en CFA, et non pas en dollars. « C’est une appréciation plus juste de la capacité réelle de crédit d’un pays », vante le patron de cette agence de notation basée à Abidjan, qui assure que d’autres États africains vont suivre.

Petite révolution dans la notation financière des États africains : l’agence de notation panafricaine Bloomfield, basée à Abidjan, a délivré vendredi 21 octobre une première note, en monnaie locale, sur la situation économique ivoirienne.

Elle a décerné à la Côte d’Ivoire la note A- (7e rang sur une échelle qui en compte 20, de AAA à D), qui place le pays à un niveau correct d’investissement, quand les agences américaines – les « Big three » – qui font autorité à l’échelle internationale (FitchMoody’s et Standard & Poor’s) ne lui accordent pas, ou alors de justesse, le statut de débiteur fiable vis-à-vis des prêteurs internationaux en dollars.

« Cette notation donne une vision beaucoup plus juste de leur capacité intrinsèque de crédit affranchie des restrictions liés aux taux de change ou aux réserves de devises », indique Stanislas Zézé, le PDG de l’agence de notation financière Bloomfield Investment, qui assure que des discussions sont en cours avec plusieurs autres États désireux d’être notés en monnaie locale.

C’est la première notation financière que l’agence délivre sur un État, celle-ci ayant déjà livré ses diagnostics sur les villes d’Abidjan et de Dakar, le secteur bancaire, ou encore les entreprises. Mieux, c’est la première notation, dite « souveraine » quand elle concerne les fondamentaux économiques d’un État, d’une agence africaine vis-à-vis d’un État africain.

Si d’autres agences de notation africaines sont en activité, à l’instar Global Credit Rating, l’agence créée en 1996 qui est basée en Afrique du Sud, Augusto au Nigeria ou Wara [West African Rating Agency] depuis Dakar, aucune ne note régulièrement les États.

La notation

Dans son évaluation de vendredi, Bloomfield justifie sa bonne appréciation de la Côte d’Ivoire par « la hausse de la consommation (+ 9% en moyenne de 2012 à 2015) et des investissements (+ 30% en moyenne entre 2012 et 2015) ». Idem pour les recettes fiscales, en hausse, qui « représentent en moyenne 58% des ressources budgétaires entre 2011 et 2015 » et devraient encore s’accroître en conséquence de « l’élargissement de l’assiette fiscale, prévue à moyen terme ».

Enfin, les taux de scolarisation, de mortalité infanto-juvénile et de pauvreté, tous en amélioration à lire Bloomfield, abondent le « risque de défaut […] faible » anticipé par l’agence de notation. Et cette dernière de conclure : « la certitude de remboursement en temps opportun, en monnaie locale, est bonne ».

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