Sécurité

Niger : après l’attaque du camp de Tazalit, le ministre de l’Intérieur pointe du doigt la « routine » qui s’est installée

Mohamed Bazoum, ministre de l'Intérieur nigérien, à Paris, le 5 février 2014 © Vincent Fournier/J.A.

Début octobre, une attaque jihadiste contre le camp de réfugiés maliens de Tazalit avait fait 22 morts dans les rangs de l'armée. Un traumatisme qui a poussé jeudi Mohamed Bazoum, le ministre nigérien de l'Intérieur, à souligner des "défaillances" dans le dispositif militaire.

Les jihadistes auteurs de la meurtrière attaque du camp de Tazalit (22 militaires tués) début octobre ont-ils profité de la passivité de l’armée ? C’est ce qu’a dit ouvertement jeudi le ministre de l’Intérieur du Niger Mohamed Bazoum, au cours d’une visite des lieux, alors que des soupçons de complicité pèsent sur une partie des réfugiés présents ce jour-là.

« La célérité avec laquelle l’attaque a été exécutée indique que ceux qui sont venus étaient bien informés sur les habitudes, sur le comportement des éléments de garde, sur le comportement des habitants du camp, des habitants de la région, le lieu était repéré à l’avance, l’action a été rapide, il y a eu donc des défaillances », a-t-il déclaré sans ménager l’armée.

Le ministre dénonce la « routine » qui s’était installée au camp

Pour lui, c’est tout simplement « la preuve qu’il n’y a pas eu de vigilance » de la part « de tout le monde, des soldats, des réfugiés et des habitants » de Tazalit. Il a expliqué cette absence de « vigilance » notamment par « une routine qui s’est « installée » au sein « de la petite unité en place depuis plus de trois ans ».

Trente à quarante hommes « lourdement armés parlant le touareg ont mené cette attaque le 7 octobre vers et fait 22 tués parmi les militaires », selon l’armée nigérienne. « Les assaillants sont allés directement vers les trois hangars qui abritent les soldats qui assuraient la sécurité du camp des réfugiés et les ont mitraillés alors qu’ils étaient en train de déjeuner », avait alors indiqué un élu local.

Depuis, les assaillants ont ensuite fui vers le Mali, d’après les autorités.

Le ministre a visité les trois abris où les militaires ont été tués ainsi que le nouveau dispositif sécuritaire tissé et « renforcé » autour du camp.  » Nous sommes debout et jamais nous ne faillirons à notre devoir de vous protéger », a assuré Mohamed Bazoum devant des habitants de Tazalit, des représentants des réfugiés et des chefs militaires.

Le Niger jouit d’une stabilité relative par rapport aux pays de la région

Pour prévenir ce genre d’attaque, il a promis d’associer autochtones et réfugiés afin qu’ils « fournissent le renseignement nécessaires » aux Forces de défense et de sécurité.

Le Niger a connu deux autres événements importants en octobre avec l’enlèvement de l’Américain Jeffery Woodke, vendredi dernier, et une attaque repoussée en début de semaine sur la prison la mieux gardée du pays où sont détenus des jihadistes.

Malgré des frontières considérées comme poreuses, le Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, constitue un îlot de stabilité relative dans une zone en proie aux troubles. Autour de ce pays, Mali, Libye et Nigeria sont tous confrontés à des groupes armés jihadistes.

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