Sécurité

Mali : au moins huit soldats tués, que s’est-il passé à Nampala ?

Des soldats maliens en action à Gao, le 13 avril 2013. © AFP

Une attaque de jihadistes présumés a fait au moins huit morts maliens lundi dans un camp militaire à Nampala, dans le centre du Mali près de la Mauritanie. Que s'est-il réellement passé et qui sont les assaillants ?

Les faits

C’est l’attaque la plus meurtrière au Mali depuis celle perpétrée début octobre dernier contre le contingent nigérien de l’ONU. Le 5 janvier, des jihadistes présumés ont lancé l’assaut à Nampala, près de la frontière mauritanienne, aux marches du nord où opèrent les groupes armés.

Selon une source militaire au sein de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), les assaillants, arrivés à 6h15 du matin (locales et GMT), "ont pénétré avec une relative facilité dans le camp militaire de Nampala situé au côté sud-est de la localité. Ils ont tiré. L’armée malienne a semble-t-il riposté".

Une source locale du côté mauritanien a indiqué que les habitants de la localité de Vassala, à 5 km de la frontière, avaient été réveillés "par des explosions et des tirs nourris côté malien, en provenance de Nampala".

Un Mauritanien qui se trouvait à Nampala pour affaires, et qui a réussi à s’échapper à bord de son véhicule après une course-poursuite avec les assaillants, a affirmé qu’ils avaient "hissé des drapeaux noirs sur les bâtiments officiels" et scandaient des slogans islamiques.

Situation actuelle sur place et bilan provisoire

À en croire plusieurs sources concordantes, les assaillants se sont retirés lundi aux alentours de 11h00, après cinq d’accrochages avec l’armée malienne.

Un camionneur mauritanien qui a quitté la ville après leur retrait "a compté sept morts et a vu un huitième mourant". Un décompte qui corrobore celui encore provisoire communiqué par une source sécuritaire onusienne au Mali, faisant état d’au moins huit soldats maliens tués.

"Les terroristes ont quitté la localité de Nampala", a annoncé pour sa part l’armée malienne, assurant que la situation est désormais "sous contrôle, surtout depuis que l’aviation française est présente dans le ciel de Nampala (…). Des avions de reconnaissance et de chasse de l’opération française Barkhane [ont survolé] lundi après-midi la localité pour intervenir si nécessaire ". Une information confirmée par des sources sécuritaires françaises.

Mais des témoins affirment également que la plupart des militaires maliens avaient pris la fuite pendant les combats.

>> Lire aussi : Le drone, arme fatale utilisée par les Français contre les jihadistes au Sahel

Les auteurs de l’attaque

Pour l’instant, l’identité des assaillants n’a pas été déterminée, mais l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar a cité des sources au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendiquant l’opération.

"Nous avons occupé Nampala sans grand combat. Nous avons tué des soldats maliens et nous détenons d’autres", ont affirmé ces sources, citées par l’agence, sans donner de chiffres.

"Nous avons choisi Nampala pour sa proximité avec la ville de Diabali qui a constitué le point de départ de l’attaque des forces étrangères contre nous", ont également déclaré ces sources citées par Al-Akhbar, en référence à l’opération Serval, lancée en janvier 2013, disant vouloir "adresser ainsi un message aux forces internationales basées dans la région".

La solidarité des pays voisins

Le chef de l’État guinéen, Alpha Condé, qui recevait son homologue Mohamed Ouldabdel Aziz, également président en exercice de l’Union africaine (UA), a jugé cette attaque "très grave parce que Nampala, c’est au sud, et c’est à la frontière avec la Mauritanie".

Tous deux ont téléphoné au président malien Ibrahim Boubacar Keïta pour l’assurer de leur solidarité, a déclaré aux médias Alpha Condé, estimant comme ses collègues de la région sahélienne que la dégradation de la situation était la conséquence du chaos en Libye depuis la chute du régime Kadhafi en 2011.

(Avec AFP)

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