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Cet article est issu du dossier «Abidjan, le retour»

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Société

Côte d’Ivoire : en route vers le futur

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Olivier Caslin est spécialiste des transports et des questions économiques multilatérales. Il suit également l'actualité du Burundi, de Djibouti et de Maurice.

Dans une quinzaine d’années, les embouteillages d’Abidjan pourraient bien n’être plus qu’un mauvais souvenir. Imaginez-vous, cher automobiliste, propulsé en janvier 2030. À peine sorti des beaux quartiers de Cocody, une fois contourné le campus de l’université Houphouët-Boigny, vous empruntez le tablier au béton un peu moins blanc qu’à l’origine du pont Henri-Konan-Bédié, sur une lagune Ébrié aux allures vénitiennes, avec plaisanciers et jeux nautiques en sus.

Vous traversez alors Marcory aussi vite que la voie rapide construite en direction de Biétry vous le permet, avant de rejoindre Vridi, grâce au pont lancé dans les années 2020. À ses pieds, les centaines d’hectares gagnés sur la lagune forment une vaste zone industrielle, autour de l’usine de retraitement des déchets flambant neuve bâtie derrière les installations de la SIR, la Société ivoirienne de raffinage.

De l’autre côté du canal de Vridi, désormais franchissable par les gigantesques liners qui viennent accoster au TC2 – le deuxième terminal à conteneurs du port, inauguré il y a déjà près de dix ans, côté Treichville -, le paysage ne change guère. Mais en face, les premiers quais du futur TC3 redessinent déjà les berges de l’île Boulay.

Vous poursuivez votre route entre les torchères de la zone pétrolière (tout récemment étendue jusqu’au rivage Atlantique) et le chantier de la future deuxième raffinerie. Le ruban d’asphalte vous entraîne tout droit jusqu’au lac Bacré, avant de remonter vers le nord et de traverser les nouveaux quartiers de l’île Boulay, grâce aux deux ponts tout juste inaugurés par le président Didier Drogba. Au loin, le quartier d’Abobo-Doumé est en train d’être consciencieusement rasé pour laisser place aux futurs docks, qui, d’en bas, regarderont le Plateau. De là, vous rejoignez l’autoroute du Nord… Direction : Yamoussoukro !

Ce scénario digne d’un film d’anticipation se rapproche de la réalité depuis l’annonce, début décembre, du lancement des travaux de construction du TC2 et de l’approfondissement du canal de Vridi dès le début 2015. En tout, les pouvoirs publics ivoiriens devraient débourser entre 1,2 et 1,6 milliard d’euros pour redéfinir les contours de la lagune. Et simplifier la vie des Abidjanais.

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