Politique

Guinée : des manifestants et gendarmes blessés par balle pendant une manifestation de l’opposition

Un des jeunes manifestant blessé par balle à Conakry. © Diawo Barry

Des accrochages entre militants de l’opposition guinéenne et des gendarmes ont fait quatorze blessés, mercredi 7 janvier, à Conakry.

Mis à jour le 8 janvier à 16h46.

À Conakry, la manifestation de l’opposition, mercredi 7 janvier, a dégénéré. Les militants ralliaient l’esplanade du stade du 28 septembre, pour participer à un meeting d’information et de sensibilisation organisé par l’opposition guinéenne. Après le passage de Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG), une partie du cortège et des agents de sécurité en faction se sont affrontés au niveau du siège du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, situé dans le quartier Hamadallaye, où était déployé un important dispositif sécuritaire. Aux jets de pierres contre des gaz lacrymogènes, ont suivi des coups de feu.

Côté manifestants, on dénombre trois blessés par balle. Boubacar Barry, tôlier, vingt deux ans, blessé par balle à la jambe gauche, a été admis aux urgences du CHU de Donka. "J’ai été blessés aux environs de 11h00, à côté du siège du RPG. La balle a traversé ma jambe. J’ai essayé de marcher, sans succès. Ce sont des voisins venus à mon secours qui m’ont transporté à l’hôpital", explique Boubacar Barry qui accuse les gendarmes.

Boubacar Bah, étudiant, né en 1988, est l’autre blessé par balle. "Il a eu le tibia fracturé. Ce qui nécessite une intervention chirurgicale. Il est hospitalisé au service traumatologie de l’hôpital Ignace Deen", nous a confié un membre du bureau politique de l’UFDG. Le troisième, Abdoulaye Sow, 28 ans, a été blessé à l’abdomen aux environs de 18h00, toujours à Hamdallaye. Selon son frère qui est à son chevet, il a reçu la balle pendant qu’il était arrêté au bord de la route.

Quatre gendarmes blessés par balle

Dans les rangs des forces de l’ordre, le porte-parole de la gendarmerie nationale a dénombré onze blessés dont quatre par balle. "Ils ont reçu des balles de fusil de calibre douze. Les billes ont extraites devant moi", précise le commandant Mamadou Alpha Barry. Les blessés, exclusivement des gendarmes, sont hospitalisés à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, situé dans la presqu’île de Kaloum. Le diagnostic établi par le médecin chef du Haut commandement de la gendarmerie nationale, le lieutenant-colonel Haba Michel Pépé, fait état de différentes natures de blessures, dont des contusions thoraciques et de la jambe, et de multiples plaies.

Les responsables des différentes blessures restent à identifier. De prime à bord, la cellule de communication du principal parti de l’opposition, l’UFDG, accuse les forces de l’ordre, mais estime que "c’est au gouvernement de situer les responsabilités à travers des enquêtes. Ce qui n’a jamais été fait", déplore-t-elle. La gendarmerie nationale est quant à elle prudente : "Nous accusons x. Par contre, chacun est libre de nous accuser. Nous, on préfère faire le profil bas. Depuis l’indépendance, on comptabilise des bilans macabres pour s’accuser mutuellement".

L’opposition guinéenne réclame, entre autres, une recomposition paritaire de la Commission électorale nationale indépendante et l’organisation des élections localez avant la présidentielle. Alors que la Céni souhaite le couplage des deux scrutins, prévus vers la fin de l’année 2015. 

 

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