Politique

Mali – Soumaïla Cissé : « Nous n’avons pas parlé de gouvernement d’union nationale avec IBK »

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Mis à jour le 09 septembre 2016 à 15h16
Soumaïla Cissé, à Paris en octobre 2011 (archives).

Soumaïla Cissé, à Paris en octobre 2011 (archives). © Vincent Fournier/JA

Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la république et la démocratie (URD) et chef de file de l’opposition malienne, a été reçu jeudi par le président Ibrahim Boubacar Keïta pour la première fois depuis deux ans. Il revient pour « Jeune Afrique » sur le contenu de cet échange qui a duré plus de trois heures.

Jeune Afrique : comment s’est passé votre entretien avec le président Ibrahim Boubacar Keïta hier à Koulouba ?

Soumaïla Cissé : Cet entretien a été convivial et ouvert. Mais le plus important, c’est que cela a été un moment de vérité, sans langue de bois.

Qu’avez-vous dit, ou même reproché, au président de la république ?

Je ne vais pas entrer dans tous les détails, mais je me suis plaint du mépris de la majorité vis-à-vis de l’opposition. Aucune de nos lettres n’a jamais obtenu de réponse, que ce soit celles à la présidence, à la primature, ou aux différents ministres. Je me suis plaint de l’inexistence de dialogue et du manque de concertation et j’ai souhaité que l’opposition soit consultée sur les grands problèmes de la nation. Nous n’avons jamais été associés aux accords de paix d’Alger, tant au niveau de la négociation qu’au niveau de la restitution. Tout cela ne fait pas bon ménage avec une démocratie qui se veut consensuelle. IBK s’est plaint, lui, des critiques qui lui sont faites. Nous avons aussi parlé des différentes affaires que nous avons eu à lui reprocher, ainsi que des problèmes de sécurité, des élections locales à venir, ou encore de la loi électorale.

Vous dénoncez régulièrement le manque de dialogue d’IBK. Selon vous, est-il désormais dans une logique d’ouverture ?

Oui, je le suppose, car il a pris l’initiative de nous appeler. Il souhaite aussi que ce type de rencontre soit régulière. À quelle périodicité ? Je n’en sais rien, j’attends de voir. Je crois aussi savoir qu’il va rencontrer d’autres acteurs de la vie politique et sociale dans les jours à venir. Nous verrons quel chemin sera suivi à la suite de tout cela.

Quelles sont les priorités que le président a esquissées lors de votre entretien ?

Que tout le monde se retrouve pour bâtir notre pays. Nous formulons des critiques, mais il est aussi bon que tous les acteurs puissent trouver des solutions ensemble. Le sentiment que j’ai est que le président a besoin de toutes les forces autour de lui pour avancer. Il y a un besoin d’unité nationale forte parce que le pays va mal. Tout le monde le sait et il n’est pas bon de le nier. Il faut trouver des solutions vraiment inclusives à nos problèmes.

Avez-vous évoqué la possibilité d’un gouvernement d’union nationale ?

Non, nous n’en avons pas parlé. Ni lui, ni moi n’avons abordé cette possibilité.

Vous reprochez souvent au président de ne pas avoir de cap. Cet entretien vous a-t-il fait changer d’avis ? 

Je lui ai dit que même s’il avait un cap, celui-ci n’était pas visible. Nous découvrons les choses au coup par coup, tant sur le plan des réformes administratives et politiques que sur les directives données pour une meilleure gouvernance. Sur les accords d’Alger, nous ne savons pas où nous allons. Sur la nouvelle Constitution, nous n’avons fait l’objet d’aucune consultation. Si la vision présidentielle n’est pas partagée, pour nous, elle n’existe pas. Je lui ai donc dit qu’il fallait mieux l’expliquer, afin que l’on puisse y adhérer ou la corriger, pour prendre la bonne direction.

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