Société

Pèlerinage de la Mecque : « L’Iran ne pardonnera jamais pour le sang versé de ces martyrs morts au hajj »

Le président iranien Hassan Rohani a appelé mercredi les pays musulmans à s’unir pour punir l’Arabie saoudite pour ses « crimes », en référence aux conflits en Syrie et au Yémen, mais aussi à la bousculade du 24 septembre 2015 qui s’était soldée par la mort de 2300 pèlerins, dont 464 Iraniens.

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Mis à jour le 7 septembre 2016 à 16:03

Hassan Rohani, le président iranien © Vahid Salemi/AP/SIPA

« Les pays de la région et le monde islamique doivent coordonner leurs actions pour régler les problèmes et punir le gouvernement saoudien », a déclaré le président iranien au cours d’un conseil des ministres, selon des propos rapportés par l’agence d’État Irna.

« Si le problème avec le gouvernement saoudien se limitait au hajj, on aurait peut-être trouvé une solution. Mais malheureusement ce gouvernement, avec les crimes qu’il commet dans la région et son soutien au terrorisme, verse le sang des musulmans en Irak, en Syrie, au Yémen et quotidiennement bombarde sauvagement les femmes et les enfants yéménites », a-t-il ajouté.

Le drame de la Mecque toujours dans les esprits

Une sortie du président iranien qui va de concert avec celle de l’Ayatollah Khamenei qui, après avoir appelé lundi 5 septembre les musulmans à reconsidérer la gestion des lieux saints par Ryad, persiste et signe ce mercredi 7 septembre. Il affirme en effet que la famille royale saoudienne ne méritait pas de gérer les lieux saints de l’islam après la bousculade ayant fait 2 300 morts lors du pèlerinage à la Mecque en 2015. « Cette catastrophe montre une nouvelle fois que cette descendance maudite maléfique ne mérite pas de gérer les lieux saints de l’islam », a déclaré Khamenei en recevant les familles de 464 pèlerins iraniens morts il y a un an, selon son site officiel.

Lutte d’influence régionale 

Cette guerre des mots entre l’Iran et l’Arabie saoudite s’est exacerbée à l’approche du pèlerinage annuel de La Mecque, qui doit débuter ce samedi 10 septembre.

L’Iran et l’Arabie saoudite sont depuis des années engagées dans des luttes d’influence par procuration, notamment dans les conflits au Yémen et en Syrie.

Les Iraniens absents du hajj

Les deux pays n’ont pas cette année réussi à trouver un accord pour l’envoi des pèlerins iraniens à la Mecque. C’est la première fois depuis presque trois décennies que les Iraniens n’y participent pas. »L’Iran ne pardonnera jamais pour le sang versé de ces martyrs morts au hajj », a prévenu Hassan Rohani.