Société

États-Unis : l’université de Georgetown se penche sur son passé esclavagiste

| Par Jeune Afrique
Healy Hall, bâtiment amiral de l'université de Georgetown, le 30 septembre 2011 à Washington.

Healy Hall, bâtiment amiral de l'université de Georgetown, le 30 septembre 2011 à Washington. © MLADEN ANTONOV

La prestigieuse université a annoncé la semaine dernière qu’elle faciliterait l’admission des descendants de près de 300 esclaves vendus en 1838 par les Jésuites qui dirigeaient l’établissement.

C’est toute une série de mesures qui ont été annoncées le 1er septembre par le président de l’université de Georgetown, John DeGioia, qui a également promis des excuses formelles pour la vente de 272 esclaves.

Outre des mesures facilitant l’admission des descendants de ces esclaves, l’actuel directeur a annoncé qu’un des bâtiments de l’université serait renommé d’après l’un d’eux. Un département de recherche dédié à l’esclavage et son héritage devrait également être ouvert, dans une dynamique de « réconciliation ».

Les religieux avaient retiré de la vente une somme équivalente à plus de 3 millions de dollars aujourd’hui, grâce à laquelle ils avaient pu redresser les finances de l’institution, alors en difficulté. Les 272 esclaves, hommes, femmes et enfants avaient quant à eux été envoyés par bateaux vers les plantations de Louisiane.

À la recherche des descendants

Le passé esclavagiste de Georgetown, comme celui d’une douzaine d’autres universités américaines, est connu depuis longtemps. Cependant, de l’avis des chercheurs, cette vente serait particulièrement importante. Et c’est dans un contexte de revendications raciales sur les campus ces derniers mois aux États-Unis que l’affaire a pris de l’ampleur, quelques mois après la publications des archives de la vente, contenant les noms des personnes vendues, sur le site des archives de Georgetown.  Des médias, comme le New York Times, et des anciens élèves se sont alors lancés à la recherches de leur descendants.

Sur le campus, des étudiants se sont mobilisés dans des sit-ins, et ont créé le Hashtag #GU272 (Georgetown Univeristy 272, en référence au nombre d’esclaves vendus) pour pousser l’administration à se lancer elle aussi dans des recherches….

(Ci dessus : deux élèves de Georgetown et Karran Harper Royal, une des descendantes des esclaves vendus en 1838 « Tellement fière de ces étudiants qui ont participé à des sit-ins et qui nous ont permis de retrouver nos ancêtres »)

D’autres, comme Richard Cellini, ancien élève et diplômé de Georgetown, a engagé des généalogistes pour retracer leur parcours en Louisiane. Son projet a finalement porté ses fruits : la semaine dernière, au moins quatre descendants des esclaves de Georgetown se sont exprimé devant les élèves de l’université.

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