Politique

Ouganda : la CPI va juger Dominic Ongwen, un des chefs de la LRA

L’armée ougandaise a annoncé mardi que Dominic Ongwen, l’un des principaux chefs de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) qui s’était rendu aux forces spéciales américaines en Centrafrique le 6 janvier, sera livré pour être jugé à la Cour pénale internationale (CPI).

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Mis à jour le 13 janvier 2015 à 13:01

Dominic Ongwen, longtemps recherché par Interpol. © AFP

Dominic Ongwen "sera acheminé à La Haye" (aux Pays-Bas, où se trouve siège de la CPI) directement depuis la Centrafrique, selon Paddy Ankunda, porte-parole de l’armée ougandaise. L’ex chef rebelle avait décidé de renoncer à la lutte armée et s’était rendu de lui-même aux rebelles centrafricains de l’ex-Séléka, avant d’être remis aux militaires américains. Plusieurs chefs de la LRA, dont son chef historique Joseph Kony, sont sous le coup de mandats d’arrêts émis par la CPI. Selon l’ONU, la rébellion a, depuis sa création, tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60 000 enfants.

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Une rébellion à bout de souffle ?

La reddition de Dominic Ongwen est un coup dur pour la LRA, une rébellion créée dans le nord de l’Ouganda en 1987. Le mouvement, chassé par l’armée ougandaise en 2006, s’est scindé en petits groupes, éparpillés dans les forêts équatoriales des pays de la région, dont la Centrafrique. 

Ongwen, âgé d’environ 35 ans, lui-même ancien enfant-soldat, est accusé d’avoir commandé de sanglantes campagnes de la milice dans le nord de l’Ouganda au début des années 2000. Campagnes au cours desquelles des milliers de personnes ont été tuées ou enlevées, pour devenir enfants-soldats ou esclaves sexuels. Il est également accusé d’attaques contre des civils en République démocratique du Congo (RDC).

Pardon

Une radio centrafricaine avait diffusé le 12 janvier un enregistrement dans lequel Dominic Ongwen appellait ses anciens compagnons d’armes à se rendre et implore le pardon du président Yoweri Museveni. "J’ai réalisé que je perdais mon temps dans la brousse. Je suis désormais libre, malgré le dossier que la Cour pénale internationale (CPI) a contre moi" avait-il déclaré.

Selon l’armée ougandaise, Joseph Kony reste le dernier dirigeant de la LRA toujours en liberté.

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(Avec AFP)