Politique

Cameroun – Opération « Épervier » : 25 ans de prison pour l’ex-ministre Polycarpe Abah Abah

| Par Jeune Afrique
L'ex ministre de l'Économie et des Finances Polycarpe Abah Abah.

L'ex ministre de l'Économie et des Finances Polycarpe Abah Abah. © DR

L’ancien ministre de l’Économie et des Finances du Cameroun a été reconnu coupable, mardi, dans un procès pour corruption et détournement de fonds publics.

Incarcéré depuis 2008, Polycarpe Abah Abah a écopé mardi 13 janvier d’une peine de « 25 ans de prison ferme » pour quatre chefs d’accusation de malversations financières estimées à environ 7.8 milliards de francs CFA (près de 12 millions d’euros). La peine est assortie de la confiscation du patrimoine de l’ex-ministre qui se compose de 29 immeubles, 9 véhicules, des appartements, et des sommes d’argent gardées sur des comptes bancaires.

Les faits reprochés à Polycarpe Abah Abah remontent au début des années 2000, époque à laquelle il occupait les fonctions de directeur des impôts. Il avait ensuite été ministre de l’Économie et des Finances entre 2004 et 2007.

Il avait déjà été condamné en 2012 à six ans de prison ferme pour évasion.

L’opération « Épervier » en marche

Le Cameroun a lancé en 2006, sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, l’opération « Épervier  » pour lutter contre la corruption dans l’administration publique. Cette campagne a conduit à l’arrestation de nombreuses personnalités, anciens ministres et dirigeants d’entreprises publiques.

Parmi les lourdes condamnations, figurent celle de l’ex-ministre de l’Énergie Alphonse Siyam Siwé, qui a écopé de la perpétuité en appel pour avoir détourné 53 millions d’euros avec 12 complices. D’autres personnalités comme l’ex ministre d’État Marafa Hamidou Yaya et l’avocate Lydienne Yen Eyoum sont emprisonnées dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Mais des observateurs dénoncent une opération visant à mettre « hors-jeu » des potentiels rivaux du président camerounais.

Deux autres personnes, dont Joseph Edou, ex-directeur général du Crédit foncier, banque publique, ont écopé, chacune, de 15 ans de prison dans le cadre du procès contre l’ex-ministre. Ce dernier a affirmé qu’il allait se pourvoir en cassation. « Chaque match a un aller puis un retour. Le match retour, nous allons l’engager », a-t-il indiqué, s’adressant aux juges. « Je sais que je suis innocent », a-t-il réitéré.

>> Lire aussi : Ces VIP camerounais derrière les barreaux

(Avec AFP)
 

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