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Gabon : « Je sais qui a gagné, je sais qui a perdu », dit Ali Bongo Ondimba

Un partisan de l'opposition gabonaise prie devant les forces de l'ordre à Libreville lors d'une manifestation de l'opposition contre la réélection d'Ali Bongo, le 31 août 2016. © Marco Longari /AFP

Au lendemain de la réélection contestée d'Ali Bongo Ondimba pour un second septennat avec 49,80% des voix, le Gabon est toujours sous haute tension. Plusieurs émeutes et pillages ont éclaté dans la capitale Libreville.

Ce qu’il faut savoir :

* De violents heurts ont éclaté dans la foulée de l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba avec 49,80% des voix contre 48,23% pour son rival Jean Ping.

* Dans la nuit de mercredi à jeudi, le QG de Jean Ping a été pris d’assaut par les forces de sécurité. Trois personnes sont mortes, selon le gouvernement.

* Un millier d’interpellations ont eu lieu au Gabon depuis mercredi soir, ont annoncé les autorités. L’opposition dénonce l’arrestation de plusieurs de ses figures.

Ce direct est terminé, retrouvez le compte-rendu de la journée en cliquant ici.

Le déroulé des événements, minute par minute, heure de Libreville :

16h55 – Contacté par Jeune Afrique, Dieudonné Minlama Mintogo, l’un des dix candidat à l’élection présidentielle, affirme pour sa part qu’il restera « légaliste ». « Après une élection pareille, nous devons nous tourner vers les institutions comme la Cour constitutionnelle pour porter des recours, comme l’opposition l’a fait lors des polémiques sur l’acte de naissance d’Ali Bongo », poursuit Dieudonné Minlama Mintogo, le candidat du mouvement citoyen de la Convention nationale de l’interposition.

« J’encourage tous les candidats à être légalistes », poursuit-il.

16h30 – Sur son compte Twitter, Jean Ping publie une liste des membres de l’opposition selon lui arrêtés. « Mes pensées vont vers les anonymes qui ont été capturés, blessés ou tués durant les récents événements », ajoute-t-il.

16h04 – Après la déclaration du chef de l’État, c’était au tour du porte-parole du gouvernement de s’exprimer. Alain-Claude Bilie-By-Nze a coupé court aux demandes de l’Union européenne, de la France et de l’opposition concernant le décompte des voix. « Il n’est pas question de recompter bureau par bureau, le Gabon a des lois », a-t-il déclaré face à la presse.

16h03 – « Toutes les décisions censées garantir la sécurité dans le pays seront prises », a également déclaré le chef de l’État.

16h – Dans un point presse face aux journalistes, Ali Bongo a déclaré : « Je sais qui a gagné, je sais qui a perdu. »

15h58 – Le ministère de l’Intérieur a annoncé 800 arrestations à Libreville, et 300 dans les provinces.

15h29 – Un millier d’interpellations ont eu lieu au Gabon depuis mercredi soir, annonce le ministère de l’Intérieur.

15h28 – Le vice-président de l’Union africaine, Erastus Mwencha a fait part de sa « tristesse » devant « la flambée de violence au Gabon ». « J’espère sincèrement que l’escalade de la violence va être stoppée et qu’elle ne mettra pas en péril la paix et la stabilité du pays », ajoute-t-il.

« La Commission de l’Union africaine appelle les responsables gabonais à faire preuve de retenue et à user des moyens légaux pour résoudre les différends électoraux », poursuit-il encore.

15h08 – Contactée par Jeune Afrique, la députée européenne Cécile Kyenge, membre de la mission d’observation du Parlement européen, estime qu’Ali Bongo doit « revoir sa position, permettre la poursuite du processus électoral dans la transparence et libérer les opposants emprisonnés ». « Il doit faire preuve de courage et renoncer aux résultats proclamés. Accepter ces résultats, c’est trahir l’Afrique », explique-t-elle.

« Il faut permettre à la communauté internationale et aux observateurs d’aller jusqu’au bout d’un processus électoral transparent », ajoute l’ancienne ministre italienne, originaire de RD Congo. La députée européenne estime encore qu’il est possible de recompter les votes en se basant sur les procès-verbaux de chaque bureau.

« Surtout, il est important de publier tous les PV, notamment dans la province du Haut-Ogooué : partout ailleurs, nous avons observé des taux de participation d’un peu plus de 50% et il est quasiment impossible que l’on atteigne 99% dans cette région. Nous pouvons également aller vers une autre élection», conclut-elle.

15h01 – Les forces de l’ordre quadrillent la capitale, comme en témoigne cette photographie prise par l’AFP :

police libreville

14h43 – Des dizaines de personnes avaient le point levé et chantaient l’hymne national « la Concorde » lors de leur arrestation, rapportent les journalistes de l’AFP présents sur place.

14h26 – Après le ministère français des Affaires étrangères, c’est au tour de François Hollande de faire « part de sa profonde inquiétude et de sa grande préoccupation ».

Le président de la République française « condamne avec la plus grande fermeté les violences et les pillages ainsi que les menaces et attaques portées contre les partisans des principaux candidats. »

François Hollande « appelle toutes les parties à la retenue et à l’apaisement, ce qui suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin », ajoute le texte.

14h12 – En attendant le début du discours d’Ali Bongo au lendemain des émeutes, le correspondant de RFI publie des photos capturées mercredi matin aux abords du quartier général de Jean Ping, pris d’assaut par les forces de l’ordre dans la nuit de mercredi à jeudi :

13h55 – Ali Bongo Ondimba s’apprête à faire un discours depuis le palais du bord de mer.

13h25 – Plusieurs cadres de l’opposition ont été arrêtés jeudi matin au QG de Jean Ping, affirment des responsables politiques.

Selon Jean-Pierre Rougou, vice-président de l’Union nationale (UN, opposition), Zacharie Myboto, président de l’UN, sa fille Chantal Myboto ainsi que le mari de cette dernière, Paul-Marie Gondjout, ont été arrêtés dans la matinée. « Nous ne savons pas où ils se trouvent », précise Jean-Pierre Rougou.

L’ancien ministre d’Ali Bongo, René Ndemezo’o Obiang, a également été arrêté jeudi matin, affirme de son côté Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, directeur de campagne de Jean Ping.

13h23 – Des images de Libreville qui s’est réveillée jeudi avec les stigmates des émeutes postélectorales. Sur cette photographie prise par l’AFP, des policiers démontent les barricades d’opposants dans les rues proches de l’Assemblée nationale :

MARCO LONGARI/AFP

MARCO LONGARI/AFP

Sur celle-ci prise jeudi, un employé au milieu des débris d’un magasin pillé lors des violences :

Marco Longari/AFP

Marco Longari/AFP

12h37 – « Six policiers ont été blessés », a précisé le commandant de la police nationale gabonaise auprès de l’AFP. « Parmi les civils, il y a très vraisemblablement des blessés vu la violence avec laquelle ils nous ont assaillis », a-t-il ajouté.

Il n’a toutefois pas pu confirmer s’il y avait des morts. Pour rappel, Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a confirmé dans la matinée la mort d’au moins une personne.

12h31 – Selon le procureur de Libreville, contacté par Jeune Afrique, il est encore trop tôt pour donner les identités des personnes interpellées.

12h25 – « Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir. Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires », a affirmé le commandant en chef de la police nationale, Jean-Thierry Oye Zue.

12h05 – Alors que des arrestations ont été rapportées jeudi matin à Libreville, le chef de la police nationale affirme à l’AFP que « 200 pillards » ont été arrêtés.

11h59 – Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, estime à nouveau que la confiance dans les résultats du scrutin « ne peut être restaurée que par une vérification transparente, bureau de vote par bureau de vote ». Une demande également formulée par les États-Unis, la France, et l’opposition gabonaise.

11h55 – Sur RFI, Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a accusé Jean Ping d’être responsable des débordements suite à l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Pour lui, les événements actuels sont « la mise en œuvre d’un plan qui a été préparé par Monsieur Jean Ping et annoncé de longue date ».

« Il avait indiqué qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats et qu’il appellerait les Gabonais à descendre dans la rue. C’est exactement ce qu’il a fait », a-t-il poursuivi. « Nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait de l’apaisement, parce que le Gabon n’est pas une dictature. Le Gabon est une démocratie avec des lois. S’il y a une contestation des résultats, il y a un contentieux qui peut être ouvert auprès de la Cour constitutionnelle », a ajouté Alain-Claude Bilie-By-Nze.

11h40 – Des images des manifestations mercredi à Libreville. Sur cette photographie prise par l’AFP, des partisans de Jean Ping évacuent un blessé après des heurts dans la capitale.

MARCO LONGARI/AFP

MARCO LONGARI/AFP

 

11h21  « Je déplore ce qui arrive sans être étonné », réagit Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre qui avait annoncé son ralliement à la candidature de Jean Ping le 16 août dernier. « Je pense que Jean Ping a gagné l’élection et qu’Ali Bongo veut passer en force dans des conditions encore plus flagrantes qu’en 2009 », poursuit l’ancien candidat depuis son domicile.

« Tous les jeunes qui sont descendus dans la rue expriment leur déception de ne pas avoir vu leur vote respecté », poursuit l’ancien Premier ministre et membre de l’Union nationale (UN, opposition). Ce dernier assure par ailleurs ne pas avoir eu de contacts récents avec Zacharie Myboto et Paul-Marie Gondjout, membres de l’UN et présents aux QG de Jean Ping lors de l’intervention des forces de l’ordre, selon des sources concordantes.

11h10 – L’Union européenne appelle au calme face à « une situation de crise profonde ».

11h – Le boulevard Triomphal, la grande artère qui traverse le centre de la capitale gabonaise et dessert les grandes institutions comme l’Assemblée nationale et plusieurs ministères, affiche jeudi matin les stigmates des violences, rapporte l’AFP.

Des barricades y sont encore fumantes, et des voitures calcinées et des bâtiments attaqués y sont également visibles.

10h45 – Selon notre correspondant sur place, un conseil des ministres aura lieu à 11 heures.

10h25 – Selon des sources concordantes, Internet est actuellement inaccessible au Gabon.

9h43- Selon Pierre-Claver Maganga Moussavou, candidat du Parti social-démocrate (PSD), il est impossible de prédire la suite des événements. « Dans le passé, nous avons déjà connu des réactions éruptives comme celles-ci », explique-t-il à Jeune Afrique.

« Il convient désormais à l’équipe de Jean Ping, si elle le souhaite, de porter recours auprès de la Cour constitutionnelle. Encore faut-il que cela serve à quelque chose », ajoute Pierre-Claver Maganga Moussavou, en allusion aux accusations de proximité entre le pouvoir et la Cour.

« C’est un coup dur pour ceux qui pensaient que les choses allaient enfin changer. Personnellement, j’aurais aimé que Jean Ping soit proclamé vainqueur », explique l’ancien candidat, qui avait refusé se ranger derrière la candidature de l’ancien patron de l’Union africaine.

9h35 – Des heurts ont également éclaté à Mouila, chef-lieu de la province du Ngounié, dans le centre du Gabon. C’est ce que rapporte Pierre-Claver Maganga Moussavou, maire de Mouila et candidat malheureux à l’élection présidentielle du 27 août.

« Des jeunes ont érigé des barricades hier dans la ville. Une maison liée au PDG (parti au pouvoir) a également été incendiée », rapporte le maire de la ville, contacté par Jeune Afrique.

« Je condamne ces violences et j’appelle les forces de sécurité à contenir les foules pacifiquement », rajoute Pierre-Claver Maganga Moussavou.

09h18 – Le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, confirme la mort d’une personne, en marge de l’intervention des forces de l’ordre au sein du QG de l’ancien patron de l’Union africaine.

« Nous n’avons pas d’information sur les circonstances de la mort de cette personne, dont le corps a été découvert près du QG de Jean Ping », a-t-il indiqué.

Interrogé sur les arrestations en cours, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas précisé  le nombre d’interpellations. « Des arrestations de casseurs sont en cours », a-t-il déclaré.

9h07 – Une vue du chaos à Libreville, cette nuit :

8h55 – Selon des sources concordantes, les communications par SMS sont impossibles. D’après ces mêmes sources, il s’agirait d’éviter la propagation des rumeurs.

L’accès à Internet est également rendu difficile.

8h33 – « Nous avons connu une nuit folle, l’Assemblée nationale a été partiellement incendiée, plusieurs magasins ont été pillés », indique Aurélien Ntoutoume, député du Parti démocratique gabonais (PDG, pouvoir) à Libreville. Selon ce dernier, ces saccages sont l’oeuvre de « voyous ».

Toujours selon Aurélien Ntoutoume, un immeuble appartenant à Paul Biyoghé Mba, ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba de  juillet 2009 à janvier 2012, a été incendié à Libreville dans la nuit.

8h01 – Après avoir demandé, comme l’opposition, les États-Unis et l’Union européenne un décompte des voix « bureau par bureau », le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa  « plus vive préoccupation ».

Dans son communiqué, la France évoque des victimes. « J’appelle, en conséquence, toutes les parties à la plus grande retenue, afin d’éviter de nouvelles victimes. Il faut que la confrontation cesse au plus vite et que la sécurité des personnes soit assurée », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

7h45 – Le directeur de campagne de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, contacté par Jeune Afrique, est revenu sur l’assaut mené dans la nuit de mercredi à jeudi contre le QG de Jean Ping. « Ils ont saccagé le QG. Je me trouvais juste à côté, dans le QG consacré à l’équipe de communication. À l’heure où je vous parle, les forces de l’ordre sont en train de procéder à des arrestations », a indiqué Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi.

Selon lui, plusieurs responsables de l’opposition sont en ce moment au QG de l’ancien patron de l’Union africaine. Parmi eux, Zacharie Myboto, figure de l’opposition et président de l’Union nationale.

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