Religion

Égypte : le parlement adopte une nouvelle loi pour la construction d’églises

Les règles actuelles concernant la construction des églises en Égypte datent de 1934. © AFP

Le Parlement égyptien a adopté mardi une loi régulant la construction d'églises. Mais le texte est loin de faire l'unanimité au sein de la communauté chrétienne copte, qui se plaint depuis des années de discriminations.

Le Parlement a adopté à la majorité des deux-tiers le projet de loi présenté par le gouvernement pour la facilitation de la construction et de la restauration des églises, a indiqué le Parlement sur son site. « Comme les musulmans ont le droit de construire leurs mosquées, les chrétiens ont (désormais) le droit de construire leurs églises », a indiqué le député Omar Hamrouch, secrétaire du comité parlementaire en charge des questions religieuses.

Selon des statistiques officielles, l’Égypte compte quelque 2 869 églises, pour une communauté copte qui représenterait près de 10% des quelque 90 millions d’habitants. La construction d’églises a toujours été un calvaire pour la minorité copte orthodoxe, qui dénonce des procédures légales insurmontables.

Les Coptes se plaignent notamment de l’hostilité de certains musulmans conservateurs, qui s’opposent souvent à la présence de lieux de culte chrétiens dans leur village, notamment dans les régions rurales du sud et du centre du pays. Dans les régions rurales et pauvres, les fidèles privés d’églises sont souvent contraints de prier dans leurs maisons et sont parfois attaqués par des voisins musulmans.

Une loi trop imprécise ?

La loi adoptée au Parlement marque des avancées par rapport au décret draconien qui régissait depuis 1934 la construction d’églises en Égypte. Ce décret impose notamment aux autorités locales d’obtenir l’accord des familles musulmanes vivant à proximité, mais aussi d’évaluer le nombre de chrétiens du secteur et leur éloignement de l’église la plus proche.

« La nouvelle loi stipule que le gouverneur de province doit répondre sous quatre mois à toute demande de construction d’églises présentée par la communauté chrétienne », ont indiqué trois députés. En cas de refus, le gouverneur doit motiver sa décision, et la communauté peut faire appel de cette décision devant la justice administrative.

« La loi précise que la superficie de l’église (…) doit convenir au nombre et aux besoins des citoyens de la communauté chrétienne et doit prendre en considération la croissance de la population », a précisé Omar Hamrouch. Mais cet article a fait débat car il est « trop vague et imprécis », déplore Mona Gaballah, affiliée au parti des Égyptiens libres, fondé par le richissime homme d’affaires copte Naguib Sawiris. « Quelle surface va-être accordée ? Qui décide de la surface ? », s’insurge la députée.

Ishak Ibrahim, chercheur à l’Initiative égyptienne pour les droits individuels (EIPR), regrette également le manque de transparence et l’absence d’un débat public avant l’adoption du nouveau texte. « La loi a été décidée par les autorités et un nombre limité des membres du clergé. Bien évidemment ces derniers ne représentent pas tous les chrétiens », déplore le chercheur. « On n’a pas donné de chance aux députés de proposer des amendements pour certains articles, on a ignoré leurs demandes, sous prétexte qu’il y a consensus », ajoute-t-il.

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