Économie

Du Nescafé à base de café camerounais

Nestlé, le géant mondial de l’agroalimentaire, s’allie à Olam Cameroun pour s’approvisionner localement et envisage d’intégrer de plus en plus d’ingrédients du terroir dans ses préparations.

Mis à jour le 30 janvier 2015 à 11:12

Le stick « Nescafé Classic 2G » est commercialisé depuis le 29 janvier au Cameroun et en Afrique centrale. Contrairement aux autres boissons produites par Nestlé, celle-ci est fabriquée à base de café camerounais. Une première pour le leader mondial de l’agroalimentaire que ses équipes au Cameroun, avec le concours de son centre de recherche et de développement d’Abidjan, ont mis quatre années à mettre au point.

Exigences

Le groupe suisse s’allie à Olam Cameroun pour assurer ses approvisionnements en café robusta de qualité. « Nous allons dans les prochaines semaines nouer des contacts avec des coopératives pour les mettre à niveau par rapport à nos exigences et procéder ensuite à des achats directs », déclare Bruno Olierhoek, l’administrateur général de Nestlé Cameroun.

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L’initiative s’inscrit dans un mouvement mondial qui permet à la firme d’être en contact avec plus de 340 000 caféiculteurs. « Notre plan café permet des achats directs depuis plusieurs années en Côte d’Ivoire et au Ghana depuis l’an dernier », révèle Rohan Irurre, directeur Afrique centrale et de l’Ouest pour Nescafé.

Contenu local

Le géant de l’agroalimentaire a décidé de s’approvisionner de plus en plus localement. « Mais cela prend du temps, car il faut d’abord transférer notre savoir-faire aux communautés », reconnaît Bruno Olierhoek. Plus du quart des ingrédients entrant dans les produits Nestlé proviennent du terroir et les préparations s’effectuent à l’usine de Bonaberi, l’unique unité industrielle du groupe dans la zone Cemac, qui a bénéficié de 20 milliards de F CFA au cours de cinq dernières années pour sa mise à niveau.

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« Le sucre que nous utilisons dans nos produits est intégralement produit au niveau local, tout comme 85 % du sel, précise Bruno Olierhoek. Nous envisageons de substituer l’amidon de manioc local à l’amidon de maïs importé pour la préparation du cube Maggi, comme c’est le cas en Côte d’Ivoire et au Nigeria, tout en respectant les critères de goût et de qualité. » Prochaine étape, l’intégration du poivre de Penja dans la fabrication du cube.

Leader en zone Cemac avec plus de 50 % de parts de marché dans la commercialisation du café, le groupe suisse qui y réalise plus de 5 milliards de F CFA de chiffre d’affaires mensuel entend accroitre ses revenus. D’autant que la marge de consommation est considérable. Le Camerounais consomme en moyenne huit tasses de café par an, là où le Gabonais et le Tchadien se hissent à pratiquement une cinquantaine de tasses.