Société

France : les arrêtés anti-burkini favorisent la stigmatisation des musulmans, dénonce l’ONU

Nouveau coup de semonce à destination des mairies françaises ayant pris des arrêtés pour interdire l’accès des plages aux femmes portant un burkini. Cette fois, la critique est venue des Nations Unies, qui estiment que ces mesures alimentent la « stigmatisation » des musulmans et contreviennent aux droits des femmes.

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Mis à jour le 30 août 2016 à 12:56

Le burkini était de plus en plus visible sur les plages de la ville de Marseille durant l’été 2016. Le maire de Cannes a interdit son port, invoquant une atteinte aux principes de la laïcité. © AP/SIPA

« Ces décrets n’améliorent pas la situation sécuritaire ; ils tendent au contraire à alimenter l’intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes », a indiqué le bureau du Haut-Commissaire de l’ONU dans un communiqué publié mardi 30 août.

Ces décrets « sapent l’autonomie » des femmes 

« Les codes vestimentaires, tels que les décrets anti-burkini, affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles et sapent leur autonomie en niant leur aptitude à prendre des décisions indépendantes sur leur manière de se vêtir », a-t-il encore jugé.

Selon les standards internationaux des droits de l’homme, les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ou ses convictions, y compris par le choix de tenues vestimentaires, ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées, y compris pour la protection de la sécurité publique, l’ordre public, la santé publique ou la morale, rappelle l’agence.

« De plus, en vertu du droit international des droits de l’homme, les mesures adoptées au nom de l’ordre public doivent être appropriées, nécessaires et proportionnées », rappelle le communiqué.

Des communes veulent résister

Une trentaine de villes du littoral, notamment sur la Côte d’Azur, ont interdit cet été le maillot de bain intégral musulman ou burkini, certaines y voyant une provocation après l’attentat islamiste qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice.

Vendredi dernier, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’État, a toutefois suspendu l’un de ces arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s’appuyer sur des risques avérés pour l’ordre public. Mais plusieurs communes, Nice en tête de file, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles refusaient ce verdict, quitte à s’exposer à de nouveaux recours.