Vie des partis

Tunisie : le gouvernement d’union nationale de Youssef Chahed prend ses fonctions

Youssef Chahed, lors de son discours devant le Parlement, le 26 août 2016. Le nuveau premier ministre tunisien n'a pas reconduit Noômène Fehri. © Riadh Dridi/AP/SIPA

La cérémonie de passation entre Youssef Chahed, le plus jeune Premier ministre de l'histoire moderne de la Tunisie (40 ans), et son prédécesseur Habib Essid est prévue lundi à partir de 11h00 (10h00 GMT) à Carthage.

Issu du parti Nidaa Tounes fondé par le président Béji Caïd Essebsi, Youssef Chahed, un libéral, est le septième Premier ministre de l’après-révolution. Son gouvernement a confortablement obtenu la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), vendredi soir, avec 168 voix sur un total de 217 députés.

Son discours offensif a reçu un écho favorable, laissant entrevoir un frémissement positif. Déterminé et sans langue de bois, Youssef Chahed semble décidé à rompre avec les codes et à se faire comprendre de tous.

Il a rappelé les chiffres alarmants sur la situation socio-économique de la Tunisie, annoncé une entrée en austérité en 2017 si rien n’était fait à très court terme et remis les pendules à l’heure notamment sur les relations du pays avec les bailleurs de fonds internationaux, en particulier le Font monétaire international (FMI).

Ce ton nouveau, décomplexé et plein d’assurance pour annoncer les objectifs du gouvernement a néanmoins soulevé des critiques tant chez les élus que dans l’opinion publique.

Des ministres contestés 

En résistant la semaine dernière aux pressions des partis alliés qui lui demandaient de revoir la composition de son équipe, Youssef Chahed a par ailleurs envoyé un message d’autorité.

Les principales réserves ont été émises contre le nouveau ministre de la Culture, Mohamed Zine El Abidine, qui avait soutenu Ben Ali, ainsi que celui de la Fonction publique et de la bonne gouvernance, Abid Briki, à qui l’on reproche d’avoir été un leader de l’UGTT quand la centrale syndicale était à la botte de Ben Ali. Mais le plus contesté des ministres est celui des Affaires religieuses, Abdejalil Ben Salem, qui avait déclaré lors d’une conférence en 2011 : « Nous sommes persuadés que Dieu nous fera vaincre et que l’islam politique s’emparera de chaque foyer. Entre-temps, il faut faire preuve de leadership et de patience pour réaliser ce projet. »

Désenchantement

Mais le nouveau Premier ministre va devoir combattre le sentiment de désenchantement d’une population lasse des crises à répétition depuis 2011. De nombreux Tunisiens ont relevé que le sombre diagnostic économique et social livré aux députés avait déjà été établi par certains de ses prédécesseurs, sans que cela ne change le cours des choses.

Les priorités sont notamment la lutte contre le chômage, la corruption et le terrorisme. Sur ce dernier point, Youssef Chahed a choisi la continuité en confirmant les titulaires de l’Intérieur (Hédi Majdoub) et de la Défense (Farhat Horchani). Après une série d’attaques jihadistes sanglantes qui ont ravagé le secteur touristique, ces deux ministres ont pu se prévaloir de l’accalmie actuelle.

Et malgré l’appellation de son gouvernement « d’union nationale », Youssef Chahed sera loin de pouvoir s’appuyer sur un climat de concorde. L’opposition a déjà annoncé la couleur. « Vous obtiendrez la confiance de l’ARP mais pas celle des chômeurs et des pauvres! », a asséné vendredi le député du Front populaire (FP), Ammar Amroussia.

Au sein même du gouvernement, le nouveau Premier ministre devra gérer une coalition hétéroclite dont l’une des marques de fabrique reste l’alliance contre-nature entre Nidaa Tounes et les islamistes d’Ennahdha, première force au Parlement.

 

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