Politique

Tunisie : ce qu’il faut retenir du « discours de vérité » de Youssef Chahed à l’Assemblée

Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, le 3 août 2016.

Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, le 3 août 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Le gouvernement proposé le 20 août par Youssef Chahed est soumis ce vendredi au vote de confiance à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), réunie en session extraordinaire. Voici ce qu’il fallait retenir du discours d’ouverture du nouveau Premier ministre.

Le gouvernement d’union nationale : « la solution », « un espoir », d’après les mots de Youssef Chahed, qui s’est exprimé le 26 août devant le Parlement tunisien pour présenter sa nouvelle équipe avant le vote de confiance es députés. Se félicitant de la composition de ce nouveau gouvernement, jeune, intégrant différents partis politiques et organisations, ainsi que des femmes chargées « de ministères stratégiques », le nouveau Premier ministre a voulu livrer un « discours de vérité » en revenant avec fermeté sur les priorités prévues par l’Accord de Carthage.

« Cette équipe ressemble à la Tunisie dans sa différence, sa pluralité et la multiplicité de ses visions », a-t-il déclaré, et elle mettra tout en œuvre pour réaliser ses objectifs. « Nous devons être unis pour faire face aux difficultés qui nous attendent », a-t-il prévenu.

Terrorisme

Youssef Chahed a commencé par saluer le travail des services de sécurité tunisiens, promettant la promulgation avant la fin de l’année d’une loi relative à la prise en charge matérielle et psychologique des enfants des « martyrs » de l’appareil sécuritaire, victimes d’actes terroristes, et ce jusqu’à l’âge de 21 ans. Un renforcement de l’aide logistique et matérielle nécessaires aux forces armées est également prévu. Il s’est par ailleurs engagé à révéler la vérité sur les assassinats des députés de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, abattus en 2013, et à développer des démarches au niveau culturel et éducatif pour prévenir l’embrigadement jihadiste.

Corruption

Deuxième priorité, la lutte contre la corruption avec la mise en place d’une législation adéquate protégeant notamment les dénonciateurs, et de nouvelles ressources humaines et matérielles en faveur de l’Instance nationale de la lutte contre la corruption. Le ministère de la Justice et le ministère public ont été invités par le chef du gouvernement à traiter en « priorité absolue » les dossiers de corruption. Une fois la confiance votée par le Parlement, « tous les membres du gouvernement déclareront leurs biens dans un délais ne dépassant pas les deux semaines », a indiqué Youssef Chahed.

Crise socio-économique

Le chef du gouvernement a également dressé un bilan global de l’économie tunisienne, en proie à une crise sans précédent. Manque de croissance et de productivité (et donc hausse de l’endettement), grèves irrégulières et abusives, augmentation du taux de chômage, scepticisme des investisseurs tunisiens et étrangers… « L’année 2017 sera encore plus difficile que 2016 (…) si nous ne faisons rien pour y remédier », avec notamment les risques d’un plan d’austérité et la suppression, entre autres, de crédits et de postes dans la fonction publique, une diminution des dépenses dans les secteurs de la santé et de la sécurité sociale, et une hausse des impôts, a prévenu Youssef Chahed. Il a également fait remarquer que la Tunisie a dû « appeler le FMI au secours » afin de « trouver des moyens de financement pour payer les dettes » du pays.

Environnement et culture

La pollution est également devenue un problème majeur en Tunisie, aggravé par l’absence d’unités de recyclage des déchets et nécessitant une « nouvelle approche ». D’où l’intérêt d’avoir « fusionné l’Environnement avec les Affaires locales. »

Quant à une meilleure mise en valeur de la culture en Tunisie, Youssef Chahed a assuré vouloir encourager la création tout en garantissant la liberté artistique, et a annoncé que des maisons de jeunes feraient peau neuve et que de nouveaux espaces dédiés à la jeunesse seraient créés.

La plénière de l’ARP, qui pourrait se prolonger jusqu’à tard dans la soirée, a démarré en présence de 178 députés sur les 217 présents au Parlement. Pour obtenir la confiance de l’Assemblée, le gouvernement proposé par Youssef Chahed doit obtenir la majorité absolue des voix, soit 109.


Le Président Béji Caïd Essebsi suivant la plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement Chahed.

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