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Soixante accords commerciaux attendus à la conférence de Tokyo pour le développement de l’Afrique

Shinzo Abe, le premier ministre Japonais, à l'ouverture de la Ticad V, en juin 2013 à Yokohama. © Itsuo Inouye/AP/SIPA

La sixième conférence nippo-africaine Ticad s'ouvre samedi à Nairobi — une première hors du Japon depuis les débuts de cette conférence en 1993 — avec la volonté pour Tokyo de se démarquer de l'aide fournie par Pékin. 80 patrons nippons et une trentaine de chefs d'État africains seront de la partie.

Trois ans après sa cinquième édition à Yokohama qui avait vu le Japon annoncer un programme d’investissements pour le continent de 24 milliards d’euros sur 5 ans, la sixième Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique va se tenir les 27 et 28 août à Nairobi, au Kenya.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe et plusieurs membres de son gouvernement participeront à cette première édition hors du Japon, au cours de laquelle les organisateurs espèrent la signature d’une soixantaine de protocoles divers et accords commerciaux.

C’est la première fois que la Conférence prendra place hors de l’archipel, comme un gage supplémentaire de Tokyo à ses partenaires africains pour leur permettre de mieux s’approprier cet événement dont la première édition a été organisée en 1993.

« La force du Japon ce sont ses technologies de haute qualité et la formation du personnel », a insisté Shinzo Abe, le premier ministre japonais, jeudi matin au moment de son départ pour le Kenya.

Une délégation de quelque 80 patrons et autres personnalités nippones l’accompagnent. « À la demande des pays africains, un très grand nombre de représentants du secteur privé font partie du voyage », explique Shu Nakagawa, un responsable du ministère japonais des Affaires étrangères.

Une trentaine de chefs d’État africains seront de la partie, dont le président kényan Uhuru Kenyatta et son homologue sud-africain Jacob Zuma, avec qui Shinzo Abe tiendra aussi une réunion bilatérale.

Trois grands thèmes guideront les travaux pour aboutir à ce qui devrait être « la déclaration de Nairobi »: le développement économique (qui englobe la construction d’infrastructures, la formation des personnes et l’amélioration de la productivité), un volet sanitaire, dont un projet de couverture sociale pour tous, et enfin la stabilité sociale.

 

Concurrence avec la Chine

Fin 2015, avec 687 entreprises nippones actives en Afrique, le Japon rivalise avec la Chine pour jouer un rôle de premier plan dans le financement et la construction de nouvelles infrastructures en Afrique, mais au-delà d’une bataille sur les montants, Tokyo est perçu sur le terrain comme un prestataire de meilleure qualité, même s’il est plus lent et élabore des projets de moins grande échelle que Pékin.

« Le Japon sait qu’il doit concurrencer la Chine, mais comme il ne peut pas s’aligner sur le plan financier, il met l’accent sur la qualité », analyse Koichi Sakamoto, professeur d’études de développement régional à l’Université Toyo à Tokyo.

« La Chine a été le plus grand ennemi imaginaire du Japon dans sa stratégie diplomatique en Afrique », relève Lu Hao, de l’Académie chinoise des sciences sociales qui considère que « le Japon voit désormais l’Afrique très peuplée comme le dernier marché à conquérir ».

Si, pour le citoyen africain ordinaire, le Japon se matérialise pour le moment par la présence massive de robustes véhicules Toyota d’occasion, les marques japonaises ambitionnent de davantage s’implanter, tout en étant prudentes à cause de risques divers.

Panasonic envisage ainsi de développer des smartphones spécialement pensés pour les pays africains alors même que le géant de l’électronique a cessé d’en proposer aux pays riches.

Autre exemple, le pionnier des nouilles instantanées Nissin a créé des variantes aux goûts des Africains en collaboration avec une université kényane.

JA

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