Religion

Tunisie : les premiers pèlerins s’envolent pour le hajj

Des pèlerins dans un bus les conduisant de la Mecque au Mont Arafat, le 13 octobre 2013.

Des pèlerins dans un bus les conduisant de la Mecque au Mont Arafat, le 13 octobre 2013. © Amr Nabil/AP/SIPA

Les premiers pèlerins tunisiens ont embarqué lundi pour l’Arabie Saoudite pour y effectuer les rituels du hajj 2016, un des plus grands rassemblements au monde. Jeune Afrique a suivi ce grand départ.

12h, le 22 août. Devant le petit Terminal 2 de l’aéroport Tunis-Carthage, l’effervescence grandit à mesure que le parking se remplit. Ça et là, des petits groupes enlacent, embrassent et accompagnent les heureux élus à l’entrée de tentes géantes, ou les youyou, les selfies et les dernières recommandations laissent parfois place aux larmes des séparations.

« Que Dieu te protège », « prie pour moi ! », « reviens en bonne santé », crient petits et grands. Jusqu’au 5 septembre, 30 vols spécial pèlerinage décolleront de Tunis, Tabarka, Gabès, Tozeur, Sfax et Djerba avec à leur bord 8280 pèlerins tunisiens, une délégation médicale et paramédicale de 75 personnes et près de 430 accompagnateurs et guides religieux.

Pour Walid, venu accompagner son oncle, « c’est beau de le voir partir comme ça, on est très contents. Mais bien sûr on s’inquiète aussi, parce-que ce n’est pas facile une fois là-bas. »

Un événement comparable à aucun autre dans une vie

À l’intérieur de l’aérogare, à l’abri de la foule et de la chaleur, les pèlerins s’enregistrent, changent de l’argent et se préparent à effectuer ce voyage, attendu parfois depuis plusieurs années. Trois ans par exemple pour Aziza, 81 ans. Assise un peu à l’écart pendant que son mari « s’occupe de tout », elle a les yeux qui pétillent et le sourire qui en dit long. « C’est la première fois que je pars pour le hajj, et la première fois que je vais prendre l’avion aussi. Je suis très contente ! » confie-t-elle, ajoutant qu’elle en avait déjà rêvé quatre fois. « Dans un de mes rêves, quelqu’un a déposé le Coran sur mes genoux et m’a dit : ‘Ça y est, c’est le moment pour toi de partir.’ Et ce rêve se réalise aujourd’hui. »

Pour Abdelhamid et sa femme, qui ont attendu quatre ans depuis le dépôt de leurs dossiers, ce départ « est la seule bonne nouvelle de cette année, un événement comparable à aucun autre dans une vie. »

Olfa et sa sœur, elles, espèrent pourvoir ramener un peu d’eau de Zamzam (eau bénite de la Mecque) pour toute la famille. Et bien sûr les traditionnels sabha (chapelet), dattes dites sacrées, encens, attar (parfum sans alcool), ou encore des tapis de prière.

Ce n’est pas accessible à tout le monde, malheureusement

Un rêve qui a un prix : 8995 dinars (3630 euros) par personne (sans compter les dépenses personnelles) pour le hajj 1437 de l’Hégire qui se déroule début septembre, avant l’Aïd-El Kébir prévu le 11 ou le 12 du même mois. « Imaginez si vous êtes plusieurs de la même famille à partir, ça fait cher. Ce n’est pas accessible à tout le monde malheureusement », se désole Rezgui, un des accompagnateurs bénévoles qui a dû payer lui-même ses billets d’avion (contrairement à l’équipe médicale) mais qui n’est pas moins ravi de faire partie du voyage.

De nouvelles mesures de sécurité

Choisi sur concours et selon des critères d’ancienneté professionnelle, il a dû suivre une formation spécifique en psychologie (« pour pouvoir communiquer avec les personnes âgées par exemple »), sécurité et premiers secours. Comme les autres accompagnateurs en partance cette année, qui sont plus de 200.

« Chacun d’entre nous sera en charge d’une quarantaine de pèlerins tunisiens », explique Rezgui, dont le rôle consiste à les renseigner et à leur porter assistance de l’aéroport au logement, et pour toute la durée du pèlerinage. Présent l’année dernière lors de l’effondrement d’une grue et les bousculades mortelles qui ont fait des milliers de morts à la Mecque, il dit être plus rassuré cette année grâce aux nouvelles mesures de sécurité mises en place.

« Plusieurs mesures ont été prises pour le confort et la sécurité des pèlerins », explique un membre de la Société des services nationaux et des résidences (SNR), seule responsable de l’organisation du hajj, présent à l’aéroport de Tunis-Carthage. « Les hôtels sont plus proches de la Mecque, le petit-déjeuner y est offert pour la première fois cette année, et autre nouveauté : des tentes climatisées ont été installées à la Mecque et au Mont Arafat ».

Des contrôles sanitaires renforcés sont aussi effectués par l’Arabie Saoudite pour empêcher la propagation des virus Corona et Zika. Cette même source a également indiqué à Jeune Afrique que pour ce qui est de la fameuse liste annuelle des pèlerins, « ceux possédant déjà des devises, comme par exemple les étrangers en Tunisie ou les Tunisiens à l’étranger, ne sont pas concernés et partent en ‘hajj VIP’ ».

« Le nombre de demandeurs pour le hajj est énorme, et moi j’ai la chance de faire partie cette année de l’équipe médicale et paramédicale », se réjouit Hichem, qui travaille dans un hôpital au Kef. « Certains [parmi lesquels le ministre tunisien des Affaires religieuses, ndlr] ont voulu revoir cette équipe à la baisse pour réduire les coûts, mais 75 personnes c’est peu par rapport au nombre de pèlerins et il ne faut pas faire l’impasse sur la qualité et la sécurité,» a-t-il ajouté.

Les voyages retour des pèlerins en Tunisie se feront, eux, du 17 septembre au 1er octobre.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte