Politique

RD Congo : ouverture des travaux préparatoires au dialogue en l’absence d’une partie de l’opposition

Les travaux préparatoires au dialogue national ne s’ouvrent pas sous les meilleurs auspices pour le facilitateur de l’Union africaine Edem Kodjo. Une partie de l’opposition a en effet annoncé qu’elle boycotterait l’ouverture, ce mardi 23 août, des négociations censées préparer le dialogue entre la majorité et l’opposition avant l’élection présidentielle congolaise.

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Mis à jour le 24 août 2016 à 16:57

Edem Kodjo, facilitateur du dialogue politique en RD Congo. © Camille Millerand/J.A.

Les deux principales formations de l’opposition ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles ne s’assoiraient pas à la table des négociations.  Le « Rassemblement » considère la décision du facilitateur « comme une provocation (…) », affirmait ainsi samedi la coalition de l’opposition dans un communiqué, appelant également à « une journée morte » ce mardi 23 août.

Fracture de l’opposition 

Parmi eux, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi de l’UDPS. Ce dernier avait déjà rejeté le dialogue, y voyant une manœuvre visant à valider un report de l’élection présidentielle théoriquement prévue pour fin 2016. Le Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième force à l’Assemblée nationale, a également exclu toute participation aux négociations.

En revanche, le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la nation congolaise (UNC), devrait participer aux travaux d’ouverture, concrétisant ainsi les fractures de l’opposition sur la posture à adopter face au dialogue. Selon les confidences de l’un de ses proches à Jeune Afrique, l’ancien président de l’Assemblée nationale ne voit plus d’inconvénient à ce que l’ancien Premier ministre togolais conduise ces pourparlers.

Edem Kodjo très contesté 

Ce boycott d’une partie de l’opposition signe un nouveau revers pour Edem Kodjo. Fin juillet, le facilitateur de l’Union africaine, chargé d’établir les discussions, avait déjà vivement été récusé par le « Rassemblement ».

La défiance à son égard existe depuis sa nomination : alors que la plupart le juge trop proche de Joseph Kabila et de la majorité présidentielle, de nombreux autres l’estiment inefficace à décrisper le climat politique, l’une de ses missions premières.