Sécurité

Nigeria : deux oléoducs attaqués, un nouveau groupe armé émerge dans le Delta

Fuites pétrolières près de Bodo City, dans la région du Delta au Nigeria, le 10 juin 2010.

Fuites pétrolières près de Bodo City, dans la région du Delta au Nigeria, le 10 juin 2010. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Deux oléoducs de la compagnie nationale nigériane NPDC ont été attaqués vendredi dans la région pétrolifère du delta, a confirmé samedi un représentant des services de sécurité locaux.

L’attaque a eu lieu sur deux oléoducs qui traversent la même zone, a rapporté à l’AFP un agent du Département pour la Sécurité de l’Etat (DSS) pour la région d’Udu (Sud). Les deux pipelines appartiennent à NPDC (Nigerian Petroleum Development Company), et nous pensons que cette attaque est due aux militants (du Delta).

Vendredi soir, un nouveau groupe armé avait revendiqué la destruction d’un pipeline dans un communiqué, affirmant que le Niger Delta Greenland Justice Mandate (NDGJM) avait anéanti un autre « canal » de NPDC dans l’Etat d’Udu, district de Urhobo dans l’après-midi, ne faisant référence qu’à une seule attaque.

Cette attaque est la deuxième revendiquée par le NDGJM, nouveau groupe armé, qui a lancé la semaine dernière son Operation Zero.

Le groupe promet une opération de destruction des infrastructures pétrolières pour corriger les injustices dont nous sommes victimes depuis l’époque de nos pères, selon son porte-parole le +General+ Aldo Agbalaja.

Le NDGJM fait surface alors que les Vengeurs du Delta du Niger (NDA), groupe indépendantiste, sème le chaos dans la région depuis le début de l’année, affectant très lourdement la production de pétrole.

Groupes ouvertement indépendantistes, biafrais et chrétiens, tous ces groupes militants affirment vouloir une meilleure redistribution des revenus du pétrole et refusent de reconnaître le président Muhammadu Buhari, musulman issu du Nord.

Jeudi, le ministre nigérian du Pétrole, Dr Ibe Kachikwu a déclaré que 1.600 oléoducs ont été vadalisés depuis le mois de janvier. Le problème n’est pas nouveau dans cette région, mais il s’est clairement accéléré: il y a eu 3.000 sabotages entre 2010 et 2015.

La production de pétrole, qui compte pour 70% des revenus de l’Etat a fortement diminué, entrainant le pays dans une grave crise financière et énergétique.

Selon des chiffres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publiés mi août, le Nigeria produit 1,5 million de barils par jour – contre 1,78 million pour l’Angola qui devient le premier exportateur du continent africain-, et accuse une chute de 21,5% par rapport au mois de janvier.

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