Elections

Gabon – Gérard Ella Nguema : « L’opposition réunie autour de Jean Ping fait de la ségrégation générationnelle »

Gérard Ella Nguema lors de l'ouverture de sa campagne à Libreville. © Compte facebook

Programme électoral, union de l'opposition, ambiance de campagne... À quelques jours de l'élection présidentielle au Gabon, le 27 août prochain, les candidats qui affronteront Ali Bongo Ondimba expliquent leurs propositions à Jeune Afrique. Parmi eux, Gérard Ella.

À 44 ans, Gérard Nguema Ella est l’un des plus jeunes candidats en course pour la magistrature suprême au Gabon. En avril 2016, cet ancien secrétaire exécutif de l’Union Nationale (UN, opposition) a créé la branche Action Modernité et Ouverture (AMO) du parti suite à des tensions intestines au sein de l’UN.

À quelques jours du scrutin, ce natif de Ntoum, comptable de formation, n’exclut pas d’unir ses forces à celles d’autres candidats indépendants, mais déplore de ne pas avoir été invité à la table des négociations ayant conduit Guy Nzouba-Ndama et Casimir Oyé Mba à se ranger derrière Jean Ping. 

Jeune Afrique : Le Gabon va-t-il mieux en 2016 qu’en 2009 ?

Gérard Nguema Ella : Avec les tensions nées après le décès d’Omar Bongo, je dirais que le Gabon et les Gabonais vont très mal en ce moment. Les infrastructures publiques sont toujours en quantité insuffisante, le chômage des jeunes devient de plus en plus criant, les pensions des retraités ne sont pas au bon niveau, il y a des grèves en permanence de la part des étudiants, des enseignants…

Si vous êtes élu, quelle sera votre première mesure ? 

Les Gabonais ne se parlent plus : entre politiques, entre acteurs publics… La première mesure que je prendrais serait donc d’instaurer un dialogue pour une réconciliation nationale et pour que la vérité soit sue. Pour qu’il y ait véritablement réconciliation nationale, il faut que les responsabilités soient établies par rapport à la situation de paupérisation au Gabon. Ce dialogue sera accompagné de la réhabilitation, notamment celle de monsieur Mba Obame, qui sera rétabli comme vainqueur de l’élection de 2009.

L’opposition vous semble-t-elle en ordre de bataille ?

À mon avis, dans une démocratie normale, la présence d’un grand nombre de candidats pourrait participer à l’expression démocratique. Mais aujourd’hui, l’unification devient une sorte de solution miracle. En ce qui me concerne, je n’ai pas été consulté par ces opposants, qui semblent avoir décidé de parler au nom de l’opposition tout entière, en faisant de la ségrégation générationnelle. J’ai donc décidé de réunir d’autres candidats indépendants qui n’ont pas non plus été contactés pour le ralliement à Ping. Nous avons décidé de faire une déclaration commune ce dimanche. Il s’agit notamment de Bruno Ben Moubamba, Roland Désiré Aba’a Minko, Abel Mboumbe Nzondou …

Êtes-vous partisan d’une réforme électorale ?

Oui, il faut réformer ce système en profondeur. Il faut installer un système de biométrisation car au Gabon nous votons encore avec de l’encre indélébile, ce qui est peu fiable. Dans ce processus électoral, nous avons des personnages inamovibles comme Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, qui ne favorise pas l’éclosion de la démocratie.

Comment qualifieriez-vous l’ambiance de cette campagne électorale ?

Pour moi, cette campagne électorale, c’est le bal des sorciers. Le climat est délétère à cause de certaines personnes : d’un côté Ali Bongo qui conserve le pouvoir, et de l’autre Jean Ping et Guy Nzouba-Ndama qui sont tous les deux d’anciens membres du système [ancien membres du Parti démocratique gabonais, au pouvoir, NDLR]. Ce sont des hommes qui discutent de leurs intérêts personnels et font croire à la population qu’il s’agit de la démocratie et de l’intérêt général.

Le Gabon est-il selon vous toujours trop dépendant du pétrole ?

Oui. Sur cette question, j’ai proposé un projet de société :  la révolution économique. Je pense qu’on ne peut plus continuer avec une économie rentière qui repose sur les matières premières.

Nous pouvons observer la fluctuation sur le prix du baril de pétrole et du coût des matières premières. Il faut plutôt regarder vers le secteur privé et encourager la création d’entreprises de services, les partenariats public-privé. Il faut que les Gabonais s’approprient leur économie nationale en visant les petits secteurs et ce qui augmentera les richesses de l’État.

En matière de diplomatie, quel partenaire souhaiteriez-vous privilégier, si vous accédiez au pouvoir ?

Le Gabon a des partenaires traditionnels, parmi lesquels la France. Je pense que nous devrions moderniser ce partenariat, tout en préservant sa valeur. Il faut aussi ouvrir de nouveaux chantiers de partenariats avec des économies jeunes en puissance comme Singapour. 

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