Diplomatie

Salaheddine Mezouar « Le temps de la tutelle française est révolu »

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Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères.

Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères. © Hassan Ouazzani pour J.A.

Tensions avec Paris, mais aussi Sahara occidental, négociations intermaliennes, chute de Blaise Compaoré, cyberattaques d’un mystérieux corbeau… Le chef de la diplomatie chérifienne répond sans détour.

Plus que jamais en ce début d’année, l’interminable conflit du Sahara occidental constitue la pierre angulaire de toute la politique extérieure du Maroc. Alors qu’à Rabat on s’attend à ce que 2015, qui marquera le quarantième anniversaire de la "récupération" de l’ex-colonie espagnole, soit l’occasion pour les indépendantistes du Polisario et leurs protecteurs algériens de relancer une offensive tous azimuts contre les intérêts politiques et diplomatiques du royaume, ce dossier jamais refermé est le premier qui est mis sur la table quand on interroge un officiel sur les rapports entre le Maroc et le reste du monde.

Mais si tout, finalement, s’y rattache, tout n’est pas que Sahara dans les préoccupations actuelles de la diplomatie chérifienne. Des relations tendues avec la France aux négociations intermaliennes, de la chute de l’ami Compaoré aux cyberattaques du hackeur "Chris Coleman" qui tiennent en haleine la classe politique et les médias, les sujets ne manquent pas. D’où l’intérêt d’entendre sur tous ces points celui qui, depuis quinze mois, dirige ce domaine réservé du roi qu’est le ministère des Affaires étrangères. Chef du troisième parti du Maroc et ancien ministre de l’Économie et des Finances, Salaheddine Mezouar, 61 ans, s’est confié à J.A.

Jeune Afrique : Le Maroc célébrera cette année le quarantième anniversaire de la récupération de "son" Sahara. Pourtant, la situation n’a jamais été aussi bloquée sur le plan diplomatique. "Le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara dans son Maroc jusqu’à la fin des temps", a dit récemment le roi. Dans ces conditions, qu’y a-t-il à négocier ?

Salaheddine Mezouar : À aucun moment, depuis quarante ans, le Maroc ne s’est inscrit dans une logique de négociation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. Notre objectif, c’est une solution politique juste, mutuellement acceptable et stabilisatrice pour la région. Dans son discours du 6 novembre dernier auquel vous faites allusion, Sa Majesté le roi a voulu recadrer le débat. Trop de dérapages ont été constatés du côté de certaines parties au sein du secrétariat général de l’ONU, qui a eu une fâcheuse tendance à sortir de sa neutralité à propos de questions essentielles comme la nature du différend, le rôle clé de l’Algérie dans le conflit ou les velléités de mettre sur un pied d’égalité un État souverain et un mouvement sécessionniste. Il fallait donc rappeler nos principes fondamentaux, tout en réitérant notre proposition d’autonomie élargie, la seule à même de régler définitivement cette question.

Vous avez échappé de justesse, en avril dernier, à la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara sous la houlette de l’ONU. Craignez-vous de devoir faire face en 2015 à de nouvelles tentatives de ce genre ?

Ne nous faisons pas d’illusions : il y en aura d’autres. Nous nous y opposerons toujours pour une raison simple : autant le Maroc a fait un choix clair et reconnu en matière de libertés et de démocratie, autant il n’accepte aucune ingérence extérieure. Nous avons nos propres mécanismes de surveillance du respect des droits de l’homme, il serait donc contraire à notre logique que d’accepter ce type de contrôle. Consentir à ce que l’ONU, à travers sa mission à Laayoune, se mêle de cela, ce serait consentir à une perte de souveraineté. C’est inenvisageable.

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Le Maroc a désavoué l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, l’Américain Christopher Ross. Quant à la Canadienne Kim Bolduc, nouveau représentant spécial de l’ONU, elle n’a toujours pas pu prendre ses fonctions au Sahara. En d’autres termes, vous exigez leur remplacement…

Non. Ce que nous demandons à M. Ban Ki-moon, c’est une clarification des paramètres de notre relation. Le Maroc ne rejette pas le processus onusien, mais il faut en rappeler les règles essentielles et les respecter. Une fois cet équilibre réaffirmé et rétabli, Christopher Ross et Kim Bolduc pourront travailler. Je rappelle tout de même que Mme Bolduc a été nommée sans que le Maroc ait été consulté. C’est une première.

Le roi est allé jusqu’à évoquer la fermeture de la mission de l’ONU à Laayoune. C’est une menace claire !

Si la Minurso persiste à sortir de son cadre, quelle solution voulez-vous qu’un État envisage ? Une facilitation qui n’est plus neutre n’a plus de raison d’être.

Pour le Maroc, la clé du conflit est à Alger. Avez-vous des discussions, des contacts avec les autorités algériennes à ce sujet ?

Non. Ni contacts ni relations quant à la dynamique de résolution de ce problème. Le processus continue via l’ONU et nous espérons qu’il aboutira, pour le bien de toute la région.

La santé du président Abdelaziz Bouteflika est un sujet de préoccupation. Savez-vous qui gouverne à Alger ?

Ce sont les affaires d’un État souverain. Je n’ai aucun commentaire à faire sur ce point.

Depuis trois mois, des dizaines d’e-mails et de documents émanant de la diplomatie marocaine sont piratés et mis en ligne par un compte sous le pseudonyme de Chris Coleman. Beaucoup concernent le dossier du Sahara. Votre propre adresse et celle de votre ministre déléguée, Mbarka Bouaïda, ont ainsi été pénétrées. Ce WikiLeaks à la marocaine constitue-t-il une menace pour l’État ?

Vous conviendrez avec moi que ce travail n’est pas l’oeuvre d’un amateur. Nous avons affaire à de la piraterie et à de la manipulation criminelles de documents, dont les acteurs et les commanditaires ne peuvent être que des parties hostiles au Maroc. Je remarque que seuls les e-mails en français, dont la véracité n’est du reste pas prouvée, semblent les intéresser, alors que la majorité des échanges au sein de notre diplomatie est en arabe. Je remarque aussi que l’essentiel concerne le Sahara. Il est donc évident que tout cela entre dans le cadre des manipulations en cours visant à déstabiliser notre position sur ce dossier. Une menace contre l’État ? Non. Le Maroc agit de façon responsable et en toute transparence, il n’a donc rien à craindre de ce type de manoeuvre.


Mohammed VI saluant des citoyens maliens à son arrivée à Bamako, le 18 février 2014. © PDN/Sipa

Si l’on en croit la presse marocaine, vous auriez, lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères du Parlement, exprimé vos soupçons à l’encontre des services algériens. Exact ?

Je n’ai pas dit cela de manière aussi directe. Mais nous savons d’expérience que lorsque les parties adverses se sentent affaiblies elles utilisent ce genre de moyens.

Des mesures ont-elles été prises pour contrer ce ou ces hackeurs ?

Naturellement. Tous les pays ouverts comme le nôtre sont contraints de s’adapter aux cyberattaques. Sans pour autant verser dans la psychose.

Des négociations ont lieu en ce moment sous la houlette de l’Algérie entre le gouvernement malien et les mouvements touaregs. Le Maroc, qui soutient le MNLA de Bilal Ag Acherif, en est exclu. Est-ce un échec pour votre diplomatie ?

Certainement pas. Nos relations avec le Mali sont denses, multiformes et séculaires, et le Maroc a toujours manifesté sa solidarité à l’égard du président Ibrahim Boubacar Keïta [IBK] et du peuple malien. Sa Majesté le roi a été présent aux côtés des Maliens dans les moments difficiles. Le royaume a fourni l’aide politique, militaire et humanitaire nécessaire. La présence du souverain lors de la cérémonie d’investiture du président IBK est un geste symbolique fort et plein de signification. Les deux visites royales ont permis le lancement de nombreux projets de développement socio-économiques.

Un forum d’hommes d’affaires a été tenu, des imams ont été formés, etc. Notre discours n’a pas varié : respect de l’intégrité territoriale du Mali et réconciliation nationale. Cela vaut aussi pour le MNLA. Ce qui me surprend, c’est que les initiateurs des négociations d’Alger ont mis de côté la Cedeao – pourtant désignée comme médiatrice par le Conseil de sécurité de l’ONU – mais cherchent à se défausser de toute responsabilité dans leur échec éventuel. Ils cherchent à désigner un coupable. La ficelle est un peu grosse. Je rappelle tout de même que le MNLA, comme d’autres groupes, était présent au début des pourparlers.

Si le processus en cours se grippe, c’est parce que des protagonistes importants du dossier n’ont plus confiance en la neutralité des organisateurs. Posons-nous donc ces questions : les initiateurs du processus d’Alger font-ils partie de la solution ou du problème ? Qui a inondé le Sahel et la Libye d’armes qui servent paradoxalement aux prises d’otages d’Occidentaux, notamment des Français ? Les initiateurs de ce processus ont-ils réellement intérêt à voir émerger un Mali stable, réconcilié et tourné vers la reconstruction de son avenir ?

Vous visez là l’Algérie ?

Oui. Mais aussi la France, qui porte ces négociations à bout de bras en marginalisant la Cedeao et les autres acteurs. Le devenir d’un pays, la stabilité d’une région ne peuvent être sacrifiés à l’aune de considérations mercantiles.

Dans une récente interview à J.A., le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, réitérait en effet le soutien de Paris à la médiation algérienne tout en souhaitant que la rivalité algéro-marocaine n’interfère pas dans le processus et en estimant que Paris n’avait pas à discuter de ce sujet avec le Maroc. Qu’en dites-vous ?

J’ai lu ces déclarations. Elles nous ont surpris. Sur la forme tout d’abord : M. Le Drian est ministre de la Défense, et ce type d’intervention sur le terrain diplomatique devrait en principe relever de son collègue des Affaires étrangères, faute de quoi le risque de se livrer à des dérapages mal contrôlés est élevé. Sur le fond : il s’agit d’accusations aussi infondées qu’irresponsables que le Maroc réfute catégoriquement.

Pour l’instant, c’est l’Algérie qui garde la main. Avec l’accord du président IBK.

Parce que la France fait pression en ce sens ! Qui ne voit pourtant que la solution aux problèmes des Maliens ne réside pas à Alger et encore moins à Paris ? Le temps de la tutelle est révolu. La solution ne viendra que des Maliens eux-mêmes, avec l’aide de la Cedeao, qui doit redevenir l’acteur principal des négociations de paix.

Il est de plus en plus question d’une intervention militaire conjointe dans ce sanctuaire de jihadistes qu’est devenu le Sud libyen. Les chefs d’État sahéliens la réclament, la France n’y est pas hostile, l’Égypte non plus. Quelle est la position du Maroc ?

La solution du dialogue politique inclusif est la seule envisageable en Libye, où la situation, comme vous le savez, est très complexe. Ne jetons pas de l’huile sur le feu. Amenons les protagonistes à la table des négociations. Soutenons et encourageons l’action de Bernadino León, le représentant spécial du secrétariat général de l’ONU. Il n’y aura pas d’issue militaire à ce conflit interne. En Libye comme au Mali, la solution ne viendra que des peuples concernés. Ajouter de la violence à la violence, c’est à la fois le choix de la facilité et le choix du pire.

Le Maroc est sorti de l’Union africaine [UA] il y a trente ans. Son retour est-il encore possible ?

Beaucoup de pays africains se sont rendu compte de l’erreur historique commise en reconnaissant un État purement fictif au détriment d’un membre fondateur et essentiel de l’organisation. Ils nous lancent des appels en ce sens, que nous n’écartons pas d’un revers de main. Pour l’instant, notre conviction est qu’il faut d’abord et avant tout renforcer les organisations régionales et sous-régionales africaines. C’est en ce sens que le Maroc agit. Il le démontre au quotidien à travers une démarche agissante, comme en témoignent les multiples tournées royales sur le continent.

Tant que l’Algérie, le Nigeria et l’Afrique du Sud, ces trois poids lourds du continent, continueront de reconnaître l’entité sahraouie, tout retour du Maroc paraît illusoire…

Je ne mets pas ces trois pays dans le même sac, si l’on peut dire. L’Algérie est, sur ce dossier, clairement hostile au Maroc. En Afrique du Sud, cette hostilité est liée aux crispations d’une poignée de dirigeants beaucoup plus qu’à une politique réfléchie et déterminée. Tout comme le Nigeria, l’Afrique du Sud est un partenaire du Maroc. À la différence de l’Algérie, ces deux pays n’ont pas de convictions antimarocaines existentielles.

L’UA a nommé un médiateur pour le Sahara occidental en la personne de l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano, lequel doit rendre son premier rapport courant janvier. Qu’en attendez-vous ?

Absolument rien. M. Chissano est sans doute quelqu’un de respectable, mais nous connaissons à l’avance la teneur de son rapport. La Commission de l’UA qui l’a nommé étant partie prenante dans ce dossier, elle ne saurait être médiatrice. Le Maroc a fait un geste historique en proposant l’autonomie élargie pour ses provinces du Sud. Soit on l’accepte, soit le statu quo durera encore quarante ans. Nous sommes tout à fait en mesure de le supporter.

L’ancien président burkinabè Blaise Compaoré était un grand ami du Maroc. À Dakar, en marge du sommet de la Francophonie, vous avez rencontré son successeur, le président de la transition Michel Kafando. Que lui avez-vous dit ?

Le changement au Burkina Faso s’est fait de façon responsable et conformément aux aspirations du peuple burkinabè. Je l’ai dit au président Kafondo, tout en l’assurant du soutien du Maroc en cette période délicate. S’il est un piège que le Burkina Faso doit éviter, c’est de chercher à régler ses comptes avec son passé, d’ouvrir une boîte de Pandore dont on ne saura plus maîtriser le contenu. Il faut remettre les institutions et la dynamique démocratique en marche. C’est à cela que doit servir une période de transition, à préparer l’avenir. Pas à réveiller les démons du passé.

Blaise Compaoré s’est rendu au Maroc après sa chute avant de regagner la Côte d’Ivoire. Est-ce à dire que vous ne teniez pas à ce qu’il s’éternise chez vous ?

Pas du tout. Il est venu ici pour consulter son médecin traitant. Puis il est reparti, comme prévu.

A-t-il exprimé le souhait de s’installer au Maroc ?

Non.

Et s’il le faisait ?

Il ne l’a pas fait.

Depuis près d’un an, les relations entre le Maroc et la France traversent une période de turbulences due aux diverses interférences de dossiers judiciaires visant de hauts responsables du royaume. Tout se passe comme si l’un des deux partenaires – le Maroc – n’avait plus confiance en l’autre. Est-ce exact ?

L’élément déclencheur de cette affaire, à savoir l’irruption de policiers français à la porte de la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Neuilly, n’était pas anodin. C’était un fait grave. Ajoutez à cela des accusations infondées portées contre de hauts responsables de l’État marocain. Quand on prétend à une relation d’exception, encore faut-il que la responsabilité en soit partagée : il convient de la préserver et de l’alimenter. Oui, le facteur confiance est fondamental.

Quand cette confiance est ébranlée, il y a problème. Soyons clairs : notre sentiment est qu’il n’y a pas chez notre partenaire français de volonté politique réelle de faire obstacle aux manipulations antimarocaines émanant de milieux connus pour leur hostilité à notre encontre. C’est cette absence d’engagement et de détermination, cette frilosité, cette sorte de porosité constatée au coeur même du pouvoir vis-à-vis des pressions de certains lobbies qui portent atteinte à la sérénité de notre relation.

Il n’est pas normal, encore moins amical, que des individus au passé judiciaire avéré puissent mettre la police, la justice et les médias à leur service afin de se faire passer pour de pseudo-"­opposants politiques" et donner lieu à des tentatives d’interpellation de personnalités officielles marocaines. Cela, le Maroc ne l’acceptera jamais, ni de la France ni d’un autre pays. La France n’a pas d’autre choix que de le comprendre si elle veut restaurer la confiance.

La réponse française à vos reproches est simple. Il y a en France une séparation des pouvoirs. L’exécutif n’interfère pas avec le judiciaire et les juges d’instruction sont libres d’agir…

Très bien. Il en va d’ailleurs de même au Maroc, qui exige le respect de sa justice quand il s’agit de faits survenus sur son territoire. Mais il y a aussi la responsabilité politique d’un gouvernement qui se doit d’assumer les conséquences d’un partenariat que l’on voudrait exemplaire. On ne peut pas souligner, comme l’ont dit le président Hollande et le Premier ministre Valls, que le Maroc est un pays modèle au Maghreb, un pays ouvert et démocratique, et l’une des clés essentielles de la sécurité et de la stabilité dans l’espace afro-méditerranéen, tout en fermant les yeux sur les agissements de ceux qui rêvent de le déstabiliser. C’est illogique, et cela va à l’encontre des intérêts bien compris de la France.

Pourtant, Paris continue de soutenir la position marocaine sur le Sahara occidental.

Tout à fait. C’est une attitude responsable, qui n’a pas varié et dont nous nous félicitons.

Vous êtes le chef du troisième parti du royaume. Vous sentez-vous à l’aise dans un gouvernement dirigé par un Premier ministre que vous avez combattu jusqu’en octobre 2013 ?

Le Parti de la justice et du développement [PJD] est un parti conservateur, alors que le Rassemblement national des indépendants [RNI], mon parti, est une formation libérale et moderniste. Il y a donc eu compétition d’idées et de programmes, c’est vrai. Trois mois de négociations ont été nécessaires pour aplanir nos divergences, sans renoncer pour autant à nos identités respectives. Depuis, nous travaillons dans un climat de confiance, en évitant les terrains d’affrontement. C’est un apprentissage collectif, et nos huit ministres ont joué un rôle déterminant dans le renouveau de l’action gouvernementale.

Vous avez collaboré avec trois Premiers ministres, Driss Jettou, Abbas El Fassi et aujourd’hui Abdelilah Benkirane. Lequel est ou était le plus proche de vous ?

Driss Jettou sans aucun doute. Nous venons du même monde, celui de l’économie. Avec Abbas El Fassi, nos rapports ont été cordiaux et respectueux, malgré quelques divergences sur le rythme des réformes. Quant à Abdelilah Benkirane, j’ai découvert qu’il était un libéral convaincu ou plus exactement un social-libéral, ce qui ne peut que faciliter notre cohabitation. L’homme est déterminé, avec une grande capacité d’ouverture et d’adaptation. C’est un homme de parole, qui tient ses engagements au sein de la nouvelle coalition gouvernementale, et un pragmatique qui a su évoluer, au prix d’un véritable effort sur lui-même. En quatorze mois, nous n’avons pas eu de tensions. C’est remarquable.

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