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Le stade de Malabo (15250 places) accueillera neuf des trente-deux matchs du tournoi. © Vincent Fournier/J.A.

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CAN 2015 : ça va être show !

Mis à jour le 17 janvier 2015 à 12:22
Marwane Ben Yahmed

Par Marwane Ben Yahmed

Directeur de publication de Jeune Afrique.

On y est ! Du 17 janvier au 8 février, les seize meilleures équipes du moment vont s’affronter sur les pelouses (ou ce qui y ressemble) de Guinée équatoriale. Depuis la rocambolesque et décevante défection du Maroc, pays désigné à l’origine pour l’accueil de cette CAN 2015, les inquiétudes liées à la bonne organisation d’un tel événement sont nombreuses. Logique, le pays d’Obiang n’a eu que quelques semaines pour se préparer. Mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Et l’ivresse, c’est le jeu.

N’en déplaise à l’entraîneur bordelais Willy Sagnol, les joueurs africains ne sont pas uniquement de solides gaillards qui courent vite et longtemps et sur qui on peut s’appuyer pour "aller à la guerre" (ce qui signifie, en d’autres termes, qu’ils ne brilleraient pas par leurs qualités techniques ou par leur intelligence de jeu…). Certes, on se demande parfois où sont passés les successeurs de George Weah, de Japhet N’doram ou de "Jay-Jay" Okocha, ces artistes du ballon rond qui savaient, d’un geste improbable, d’une géniale arabesque, faire chavirer un stade entier.

Après le temps des vaches maigres, la relève, de plus en plus formée dans les grands clubs européens, semble pointer le bout de son soulier. Les académies fleurissent sur le continent, dans le sillon d’un Jean-Marc Guillou, précurseur à Abidjan avant de s’exiler sous d’autres cieux. Les gamins de Bamako, de Douala ou d’Alger ont toujours les mêmes rêves. Et le vivier africain n’a jamais produit autant de joueurs professionnels de qualité, même si, on l’a dit, les cracks n’ont pas encore éclos.

Mais il y aura toujours des esprits chagrins pour expliquer qu’une Coupe d’Afrique des nations n’est pas un must en matière de football. Désorganisation des équipes, manque de préparation, faible niveau tactique, conflits entre joueurs et/ou dirigeants, immixtion quasi permanente des politiques… Le chapelet de griefs contre le "footoir" africain, et il faut bien reconnaître qu’il donne souvent les verges pour se faire fouetter, n’est évidemment pas une fatalité. Attendons donc de voir cette édition si particulière de notre compétition continentale, longtemps menacée dans son existence même, avant de la dénigrer.

Quelles que soient les circonstances, la CAN restera toujours la CAN : trois semaines de bonheur, de liesse, de stress, de larmes et d’adrénaline, rassemblés devant le poste, en famille, entre amis, au maquis, au café ou dans la rue.

Ce "Plus" de Jeune Afrique vous emmène des deux côtés du miroir. Dans les arcanes de l’organisation de ce rendez-vous phare du sport africain mais aussi sur le terrain, à la rencontre des stars du foot, des talents en herbe et de leurs entraîneurs, décryptant forces et faiblesses de chacune des sélections ou décortiquant les différents groupes. L’absence des ténors de ces dernières années (Nigeria, Égypte) et les doutes qui planent sur les équipes réputées compétitives (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal) conjugués à la récente tradition d’outsiders qui s’évertuent à déjouer les pronostics (Zambie, Burkina, Cap-Vert) rendent cette CAN des plus incertaines. Voilà qui promet.