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Le stade de Malabo (15250 places) accueillera neuf des trente-deux matchs du tournoi. © Vincent Fournier/J.A.

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Guinée équatoriale : CAN 2015, le Nzalang attendu au tournant

Disqualifiée lors des éliminatoires, la Guinée équatoriale va finalement être du tournoi. Mais plusieurs affaires sont venu écorner son image ces dernières années.

Mis à jour le 20 janvier 2015 à 16:07

Après tout, les Équato-Guinéens n’ont rien inventé. Au début des années 2000, le Togo, alors dirigé par Antonio Dumas, un entraîneur brésilien itinérant, s’était adonné à une politique de naturalisation massive de joueurs nés au pays du futebol et de la samba, pour un résultat peu convaincant. Le Qatar, qui n’en est plus à une casserole près, ratisse beaucoup plus large en allant chercher les joueurs qu’il est incapable de former en Amérique du Sud et au Maghreb. La Guinée équatoriale, qui ne dispose pas des moyens financiers du riche émirat arabo-persique, s’est engouffrée dans une brèche qui lui a déjà coûté quelques petits tracas purement sportifs, en plus d’une mauvaise publicité.

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La main dans le baril de pétrole

En 2013 déjà, alors que le grand village du football africain s’interrogeait ouvertement sur cette politique, le Nzalang nacional avait été pris la main dans le baril de pétrole et avait perdu ses deux matchs face au Cap-Vert (0-3, 0-3) en qualifications pour la Coupe du monde 2014 pour avoir fait jouer Emilio Nsue Lopez, qui n’était pas éligible.

Mais cette leçon de morale sportive n’a visiblement pas été entendue par les huiles de la fédération. En juin dernier, la Mauritanie, éliminée sur sa pelouse (1-0, 0-3), a porté sur le terrain juridique le cas de Thierry Fidjeu, né au Cameroun et naturalisé équato-guinéen, estimant que son passeport semblait douteux. La Confédération africaine de football (CAF), dont le patron, Issa Hayatou, est pourtant un proche du chef de l’État équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, n’a eu d’autre alternative que de disqualifier le Nzalang pour la suite des éliminatoires de la CAN 2015.

"Cela fait des années que la Guinée équatoriale naturalise, dans des conditions parfois douteuses, des joueurs venus d’un peu partout. Et, évidemment, cela pose un problème", résume Patrice Neveu, qui était sélectionneur de la Mauritanie au moment de la réclamation faite par sa fédération.

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Une composition mondiale

C’était aussi la dernière fois que l’équipe entraînée par l’Espagnol Andoni Goikoetxea, remplacé début janvier par l’Argentin Esteban Becker (qui a écumé les bancs de touche dans les divisions inférieures espagnoles, avant de prendre, en 2012, la direction technique du Nzalang féminin), s’était présentée sur un terrain. Et sa composition fleurait bon la mondialisation : outre quelques locaux, on y retrouvait des joueurs venus du Brésil, de Colombie, d’Espagne, de Côte d’Ivoire et du Cameroun, souvent payés au cachet, hors primes de match et autres babioles.

La Guinée équatoriale, repêchée d’office après avoir accepté d’organiser dans l’urgence la CAN 2015 et bombardée tête de série, s’est refait une beauté sur le plan de l’image en volant au secours de la CAF. Jusqu’à la prochaine fois ?

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