Sécurité

Soudan du Sud : l’ONU enquête sur la passivité des Casques bleus après des exactions contre des civils

Un casque bleu se tient en surplomb de la base des Nations Unies à Djouba, la capitale du Soudan du Sud, en janvier 2016.

Un casque bleu se tient en surplomb de la base des Nations Unies à Djouba, la capitale du Soudan du Sud, en janvier 2016. © Jason Patinkin/AP/SIPA

L’ONU a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur des exactions commises en juillet contre des civils, dont des travailleurs humanitaires, par des soldats sud-soudanais à Djouba, ainsi que sur l’attitude des Casques bleus présents, qui n’ont semble-t-il rien fait pour les en empêcher.

« Une enquête spéciale indépendante sera chargée de déterminer les circonstances de ces incidents et d’évaluer la réaction de la Mission de l’ONU au Soudan du sud – Minuss » , a indiqué dans un communiqué le secrétaire général Ban Ki-moon, affirmant être une nouvelle fois scandalisé par les actes de violence commis par les forces gouvernementales et les celles de l’opposition à Djouba, qui se sont affrontées entre le 8 et le 11 juillet derniers.

Ban Ki-moon, qui a fait référence à une attaque du 11 juillet au cours de laquelle une personne avait été tuée, plusieurs civils violés et battus par des hommes en uniforme, s’est dit « préoccupé par des allégations selon lesquelles la Minuss n’a pas réagi de manière appropriée pour prévenir ces graves actes de violence sexuelle commis à Djouba« .

Selon l’organisation Human Rights Watch, des dizaines de militaires avaient investi le 11 juillet un hôtel abritant des employés d’organisations internationales, situé à moins d’un kilomètre d’une base de l’ONU.

Plusieurs employées étrangères ont été violées et le journaliste John Gatluak, de la tribu Nuer, a été abattu devant témoins. Les soldats de la Minuss avaient été très critiqués pour leur inaction.

Impuissance ou réticence ?

L’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power a dénoncé mercredi dans un communiqué des attaques et viols de civils, y compris des travailleurs humanitaires et des journalistes, par des soldats sud-soudanais dans la résidence Terrain à Djouba.

« Les dirigeants sud-soudanais doivent enquêter et demander des comptes aux individus responsables de ces attaques lâches et brutales », a-t-elle affirmé.

Selon ses précisions, les autorités sud-soudanaises, à la demande de l’ambassade des États-Unis à Djouba, avaient envoyé des hommes pour mettre fin aux exactions mais « les Casques bleus étaient apparemment dans l’incapacité de répondre aux appels à l’aide ou réticents à le faire. »

Manquement au devoir militaire

L’ONU a documenté au moins 200 cas de viols de Sud-Soudanaises dans la capitale pour le seul mois de juillet, perpétrés par des hommes en uniforme, notamment issus des troupes du président Salva Kiir.

Les quelque 13 500 Casques bleus de la Minuss sont d’autre part accusés par une commission d’enquête de l’ONU d’avoir manqué à leur devoir de protéger les civils lors de l’attaque meurtrière d’un camp des Nations unies à Malakal (nord-est du Soudan du Sud) en février. Il y eut au moins 30 morts et 123 blessés.

Le Conseil de sécurité a autorisé vendredi dernier le déploiement de 4 000 soldats onusiens supplémentaires pour assurer la sécurité à Djouba et dissuader les attaques contre les bases de l’ONU.

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