Société

L’argent des Africains : Boris, communicant au Burkina Faso – 366 euros par mois

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Mis à jour le 10 août 2016 à 12h06
Après des études de journalisme, Boris s'est orienté temporairement vers le métier de communicant pour mieux gagner sa vie (Photo d'illustration).-

Après des études de journalisme, Boris s'est orienté temporairement vers le métier de communicant pour mieux gagner sa vie (Photo d'illustration).- © Vincent Fournier/JA

À 27 ans, Boris travaille comme communicant dans une société de production à Ouagadougou. Pour ce nouveau volet de la série l’argent des Africains, le jeune Burkinabè a accepté de nous ouvrir son portefeuille.

Boris fait partie des « privilégiés » de la capitale burkinabè. Lui, rejette cette désignation : « Le coût actuel de la vie est tel que la classe moyenne urbaine arrive à joindre difficilement les deux bouts ».

« Viima ya Kanga (la vie est dure, chaque jour est un perpétuel combat pour la survie, en langue mooré)« , s’amuse-t-il à fredonner d’un air souriant.  Ce titre éponyme du groupe de rap K-Ravane dans les années 2005 traduit bien le quotidien de la majorité des Burkinabè. « Tous les mois, il faut serrer la ceinture », assure Boris.

Diplômé en journalisme, ce jeune burkinabè a d’abord effectué des piges pour un magazine de la place de 2011 à 2013 avant de s’orienter vers la communication. « En dehors du sacerdoce, le journalisme nourrit peu son homme au pays des Hommes intègres », justifie-t-il.

En 2013, Boris obtient un poste de chargé de communication pour une période d’un an et demi. Sa nouvelle activité lui rapporte la coquette somme de 500 euros par mois à laquelle s’ajoutent des revenus supplémentaires grâce à diverses missions à l’intérieur du pays. Mais il s’agissait d’un emploi temporaire et aujourd’hui Boris gagne 240 000 F CFA net par mois soit 366 euros.

Dépenses fixes : environ 200 euros

« À l’époque, se souvient un de ses amis, sa générosité était sans limites. Certains d’entre nous lui devons encore des sous qu’on n’a pas fini de payer. » Mais lui ne réclame jamais rien. L’essentiel, c’est de tirer son épingle du jeu. « L’argent que je gagne, excuse-t-il, doit servir à m’épanouir et aussi à soutenir mes proches en cas de besoin. Autrement, cela n’aurait aucun sens. »

Bien entendu,  il n’oublie pas d’en garder une partie pour les imprévus qui peuvent survenir à tout moment. En fonction des dépenses, le communicant arrive à épargner au minimum 30 euros chaque mois.

Avec sa mère, Boris habite une maison dont le loyer lui coûte mensuellement 61 euros. Il en assume aussi toutes les charges : popote, électricité, eau, essence et frais d’entretien de moto pour pouvoir se déplacer. Toutes ses charges fixes lui reviennent globalement à 200 euros par mois.

Aide, cotisation et loisirs  : 107 euros

Comme la plupart des jeunes burkinabè en activité, Boris vient en aide à sa mère à hauteur de 61 euros chaque mois. « Elle est tout pour moi, résume-t-il pour évoquer la profondeur de son amour pour cette dernière. Si je suis à mesure de l’aider quoi de plus normal. »

Bien que Boris soit passé au métier de communicant à la fin de ses études supérieures, il envisage toujours faire carrière dans le journalisme. « Je compte revenir au métier. À chaque fois que j’ai une opportunité de formation, je n’hésite pas pour ne pas décrocher totalement », assure celui qui, confiant en l’avenir, nourrit  l’ambition de créer un médias d’information générale avec quatre de ses anciens camarades de classe.

Depuis un an, chacun des actionnaires contribue à hauteur de 23 euros le mois car ce projet représente bien plus qu’une vie. « On a envie de bosser pour nous-même mais il faut les moyens. On prend donc notre mal en patience. Ca ne sert à rien d’être pressé », confie-t-il sereinement.

Assez rationnel dans sa gestion au quotidien, Boris a très peu de loisirs. Il lui arrive d’aller de temps à autre au théâtre voire au cinéma ou de boire une bière en passant avec des collègues et amis mais pas plus : « J’évite de mettre plus de 23 euros par mois dans mes loisirs même si parfois on va au delà. Je reste quand même prudent. » Vie chère oblige, il faut minimiser les dépenses accessoires.

*Le prénom modifié à la demande de l’intéressé.

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