Mines

Gabon : les ventes de manganèse du chinois Citic Dameng chutent à 10 000 tonnes

Départ du téléphérique des mines de manganèse de Moanda, au Gabon (photo d'illustration). © Archives Jeune Afrique.

Le groupe chinois, entré au Gabon en 2010, a vu ses ventes de manganèse reculer à 10 068 tonnes durant les six premiers de l'année, tirées essentiellement de ses stocks. Citic Dameng a en effet suspendu ses activités d'exploration et de production au Gabon fin 2015.

Selon ses résultats du premier semestre publiés le 27 juillet dernier, Citic Dameng ( filiale du producteur chinois de matières premières minières Citic Holdings) qui exploite un gisement de manganèse à Mbembélé (dans le centre du Gabon), a annoncé un très net recul des ventes tirées de ce site.

Elles ont atteint 10 068 tonnes au premier semestre 2016, contre 111 601 tonnes extraites au premier semestre 2015.

Suspension temporaire de la production

Une baisse drastique due essentiellement à la « suspension temporaire » de ses activités de production à Mbembélé.

Les ventes réalisées à partir du stock de manganèse gabonais de Citic Dameng ont rapporté 6,3 millions de dollars hongkongais (732 400 euros) au premier semestre 2016, contre 85,47 millions de dollars hongkongais au premier semestre 2016.

Le montant élevé des coûts de vente du manganèse de Mbembélé – en raison notamment des charges logistiques – a entraîné une perte de -18,74 millions de dollars hongkongais pour Citic Dameng au Gabon durant les six premiers mois de l’année, en recul par rapport à celle de -32,5 millions de dollars hongkongais enregistrée durant la même période l’an dernier.

Les opérations de Citic Dameng ont été durement affectées par le recul du cours du manganèse, qui s’échange autour de 635 dollars américains la tonne, contre 950 dollars américains début 2015 et 1 060 dollars début 2014.

Au total les revenus de Citic Dameng ont chuté à 1,276 milliard de dollars hongkongais au premier semestre 2016 (-5,59 % sur un an), pour une perte de 156,7 millions de dollars hongkongais (-53 %).

Ambitions

Lors de son entrée au Gabon, Citic Dameng affichait l’ambition d’exploiter les 26 millions de tonnes de manganèse de Mbembélé au rythme d’un million de tonnes par an, sur une période de 25 ans.

Dans son communiqué de fin juillet, Citic Dameng laisse la porte ouverte à une reprise de la production à Mbembélé, rappelant attendre pour cela « des signes de reprise du marché ». Il faut toutefois noter que les équipes de Citic Dameng au Gabon ont fondu à 38 personnes fin juin 2016, contre 273 à la même date l’an dernier.

L’opérateur minier indique également avoir cédé du matériel et des infrastructures.

Comilog en pointe

Malgré les déboires de Citic Dameng – et le renoncement il y a trois ans de l’anglo-australien BHP Billiton – le Gabon peut toujours miser sur la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog).

La filiale du français Eramet, qui exploite le manganèse de Moanda depuis 1962, a produit 1,7 million de tonnes de minerai de manganèse au Gabon en 2015, en ligne avec le chiffres de 2014 et 2013 (1,5 million et 1,6 million respectivement).

Comilog a d’ailleurs inauguré en juin 2015 la première usine de transformation du minerai de manganèse du Gabon. Un complexe industriel, situé à Moanda, qui a nécessité près de 150 milliards de F CFA d’investissements (environ 229 millions d’euros).

Le Gabon abrite le quart des réserves mondiales de manganèse.

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