Politique

Yémen : qui sont les Houthi, les miliciens chiites qui ont pris le contrôle de Sanaa ?

Les miliciens chiites Houthis contrôlent une partie de Sanaa depuis septembre © AFP

Les miliciens chiites houthi se sont emparés mardi du palais présidentiel à Sanaa, la capitale du Yémen. Menés par Abdel Malek al-Houthi, ils menacent désormais le sud du pays.

Mis à jour à 16h00.

Que s’est-il passé depuis mardi ?

Après deux jours de combats contre la garde présidentielle, les miliciens chiites houthi ont réussi à prendre mardi 20 janvier le contrôle du palais présidentiel. Ils se sont emparés d’importantes quantités d’armes et d’équipements militaires qui y étaient entreposés.

Leur chef, Abdel Malek al-Houthi, a affirmé n’exclure aucune option contre le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Mercredi matin, ce dernier était toujours confiné dans sa résidence. Le premier ministre Khaled Bahah a lui négocié mercredi après-midi la sortie son domicile, encerclé depuis deux jours par des miliciens.

À  Aden, la grande ville du sud du pays, les autorités ont décidé mercredi de fermer l’aéroport international et le port pour dénoncer le "coup de force" mené par la milice chiite. Des centaines de supplétifs de l’armée ont également été déployés pour protéger les bâtiments publics et les administrations.

>> Lire aussi : Abd Rabbo Mansour Hadi, une présidence à hauts risques

Qui sont les Houthi ?

La milice chiite d’Ansar Allah ("les partisans d’Allah") – communément appelée Houthi du nom de leur chef – se bat par intermittence depuis 2004 contre le gouvernement central yéménite. Basés dans le nord du pays, d’où ils ont progressé étape par étape jusqu’à Sanaa ces derniers mois, ils s’estiment marginalisés sur les plans politique, social et religieux.

Ils se présentent comme les héritiers des imams zaïdites – une branche du chiisme adoptée par environ un tiers des yéménites – qui régnaient sur le pays avant d’être renversés par une révolution à dominante sunnite en 1962. Affirmant lutter contre la corruption du pouvoir, ils ont profité de l’arrivée à la présidence d’Abd Rabdo Mansour Hadi, qui n’a jamais réussi à imposer son autorité pour revenir au premier plan.

La montée en puissance des Houthi a donné lieu à des accusations de financement par l’Iran chiite, ce qu’ils ont toujours démenti. Ils semblent aussi bénéficier aujourd’hui du soutien de l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Contraint de quitter le pouvoir en 2012, ce dernier a gardé des réseaux soigneusement tissés dans l’armée et parmi les tribus durant ses 33 ans de présidence.

Quelles sont leurs revendications ?

C’est l’annonce de la présentation du projet de nouvelle Constitution qui a entraîné les Houthi à lancer samedi l’assaut sur Sanaa, déjà en partie sous leur contrôle depuis le mois de septembre dernier. Ce texte, qui prévoit la création d’un État fédéral composé de 6 régions, priverait les Houthi d’un accès à la mer.

Abdel Malek al-Houthi a reproché aux autorités de ne pas avoir associé suffisamment son mouvement à la rédaction du projet de Constitution. Il estime que ce projet démantèlerait le Yémen et exige sa réécriture.

(Avec agences)
 

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