Sécurité

Boko Haram : Abubakar Shekau réagit à la nomination d’Al Barnaoui à la tête de l’EI en Afrique de l’Ouest

Abubakar Shekau dans une vidéo datée du 12 mai 2014. © AP/SIPA

Dans un message audio diffusé mardi, Abubakar Shekau a réagi la nomination d'Abou Mosab Al Barnaoui à la tête de la section de l'État islamique en Afrique de l'Ouest et affirme être toujours "présent".

Cet enregistrement audio d’une dizaine de minutes est le premier signe de vie d’Abubakar Shekau depuis mars. Il a été publié mercredi 3 août au lendemain de l’annonce par l’État islamique de la nomination d’Abou Mosab Al Barnaoui comme nouveau responsable de sa « province en Afrique de l’Ouest », ex-Boko Haram.

Shekau s’exprime en arabe et haoussa. Il explique avoir reçu une lettre l’informant de la nomination d’Al Barnaoui, mais conteste cette décision et annonce son intention de continuer « sa lutte pour établir un califat islamique ». « En conséquence, les gens doivent savoir que nous sommes toujours présents », affirme-t-il.

Abubakar Shekau estime qu’Al Barnaoui « ne considère pas comme mécréants des gens qui ne se montrent pas hostiles au pouvoir qui règne en contradiction des préceptes de Dieu et de son prophète ».

« Par ce message, nous voulons affirmer que nous n’accepterons plus aucun émissaire (de l’EI), sauf ceux vraiment engagés dans la cause d’Allah », dit-il dans sa déclaration citée par l’AFP.

Il ne remet pas en cause son allégeance à l’EI, mais nomme son groupe par l’appellation utilisée avant cette allégeance en mars 2015, Jama’atu Ahl as-Sunnah li-Da’awati wal-Jihad (Groupe sunnite pour la prédication et le jihad, GSPJ).

Le chef de Boko Haram déclare avoir envoyé huit lettres à Abou Bakr al-Baghdadi, le calife de l’EI, pour lui expliquer sa position.

Divergences idéologiques

Cet enregistrement, qui n’a pas encore été authentifié par les autorités, confirme donc l’existence de deux tendances au sein de Boko Haram. Des tendances divisées par des divergences stratégiques et idéologiques. Les méthodes de Shekau, notamment son ultraviolence, ont notamment été vivement contestées en interne. Plusieurs experts estiment que ces divisions ont poussé l’EI à monter au créneau et à nommer Abou Mosab Al Barnaoui.

Ce dernier s’est exprimé dans une interview accordée au journal Al Nabaa, la parution hebdomadaire en langue arabe de l’EI. « Dans son premier entretien avec le journal Al Nabaa après sa désignation comme Wali (chef) sur l’Afrique de l’Ouest, cheikh Abou Mosab Al Barnaoui parle de l’histoire du jihad dans cette région », annonce le journal dans son numéro 41 daté de mardi 2 août. Une interview dans laquelle le nom de Sheakau n’apparaît pas une seule fois.

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