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Libye : la lutte contre l’État islamique continue à Syrte, un attentat frappe Benghazi

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Mis à jour le 3 août 2016 à 08:53

De la fumée s’élève de Syrte où les forces du gouvernement d’union nationale bombardent les positions de l’EI, le 18 juillet 2016. © AFP

Les forces progouvernementales progressent dans le centre de Syrte, principal fief du groupe État islamique (EI) en Libye, à la faveur des frappes aériennes américaines. Mardi soir, un attentat-suicide à Benghazi a tué quinze membres des forces loyales aux autorités libyennes non reconnues par la communauté internationale, et fait une trentaine de blessés, selon des sources militaires.

Sept frappes américaines

« Les combats se sont déroulés mardi dans un secteur situé entre le quartier al-Dollar et le centre de conférence de Ouagadougou, quartier général de l’EI à Syrte », a indiqué mardi 2 août Washington, au lendemain des premiers raids aériens contre des positions du groupe jihadiste, menés par les États-Unis à la demande du gouvernement d’union nationale (GNA).

Selon le Pentagone, les Américains ont mené sept frappes jusqu’à présent : cinq lundi et deux mardi, assurant que des combattants de l’EI avaient été tués, sans en préciser le nombre. « Les raids des de l’appui international à l’opération (du GNA) ont détruit une plateforme de lance-roquettes de l’EI et un bulldozer mardi à Syrte », ont indiqué de leur côté dans un communiqué les forces progouvernementales, qui sont entrés le 9 juin dans la ville située à 450 km à l’est de Tripoli.

Les forces pro-GNA « ont besoin d’appui aérien car même si elles disposent d’une force aérienne, elle n’est pas comparable au soutien que peuvent leur fournir les États-Unis (…) montrer que l’on a un soutien externe, ça compte en Libye », a assuré Mattia Toaldo, du groupe de réflexion European Council on Foreign Relations, cité par l’AFP.

Des « violations de l’espace aérien », selon le Parlement libyen

Sans critiquer directement les frappes américaines, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé à agir « en stricte conformité avec le droit international ».

En revanche, le Parlement libyen, qui n’a jamais voté la confiance au GNA, a estimé que ces frappes américaines étaient des « violations de l’espace aérien » libyen. Selon une agence de presse qui lui est proche, il a par ailleurs convoqué l’ambassadeur américain à Tobrouk, dans l’est de la Libye.

Lors d’une intervention télévisée, le chef du gouvernement libyen Fayel al-Sarraj  avait admis lundi avoir demandé l’aide américaine, insistant sur le fait que ces frappes seraient limitées dans le temps et « qu’il n’y aura aucune présence étrangère sur le sol libyen ».

Selon un responsable du centre de commandement des opérations à Syrte, les frappes américaines ont été menées aux termes « d’un accord écrit » entre Washington et le GNA qui a insisté sur la nécessité d’être « informé préalablement des raids ».

Attentat à Benghazi

Mardi soir, 15 quinze membres des forces loyales aux autorités libyennes non reconnues par la communauté internationale ont été tués dans un attentat-suicide à Benghazi, deuxième ville de Libye, selon des sources militaires.

Depuis plus de deux ans, la ville située à 1000 km à l’est de Tripoli est le théâtre d’affrontements quotidiens entre les forces du général Khalifa Haftar, chef proclamé de l’armée libyenne (ANL) mais qui ne dépend pas du GNA, et des groupes qui lui sont opposés comme le Conseil de la Choura des révolutionnaires.

« Il y a eu 15 martyrs et plus d’une trentaine de blessés dans un attentat-suicide dans le secteur d’al-Gawarcha », dans l’ouest de Benghazi, a indiqué à l’AFP Mohamad al-Azoumi, porte-parole de la « Brigade 302 » des forces sous le commandement du général Khalifa Haftar.

Attaque revendiquée

Selon une autre source militaire, « l’attentat a été perpétré par un kamikaze qui s’est fait exploser à bord d’un camion près d’un rassemblement de nos forces à al-Gawarcha ». Le quartier d’al-Gawarcha repris jeudi dernier par les forces du général Haftar, avaient-elles annoncé.

C’est dans ce quartier qu’étais est apparu pour la première fois en 2013 le groupe Ansar Asharia, puis d’autres groupes dont le groupe radical État islamique (EI).

Le « Conseil de la Choura des révolutionnaires », une coalition de milices islamistes dont fait partie Ansar Asharia, un groupe proche d’Al-Qaïda, a revendiqué l’attaque sur son compte Twitter. Il a notamment indiqué que l’attentat avait « frappé un rassemblement des forces du ‘vendu’ Haftar ».