Politique économique

Togo : Adji Otèth Ayassor remercié du gouvernement

Adji Otèth Ayassor, ancien ministre, est surnommé "le prof". © À Présent pour J.A.

Indéboulonnable ministre des Finances depuis près de dix ans, le ministre d’État Adji Otèth Ayassor a été remercié lundi par un décret signé par le président togolais. Il est remplacé par Sani Yayi, jusque-là ministre délégué au Budget.

À l’arrivée comme au départ, Adji Otèth Ayassor aura été un ministre pas comme les autres. Remercié le lundi 1er août 2016 lors d’un « léger remaniement », le seul ministre d’État du gouvernement du Premier ministre Komi Sélom Klassou est aussi l’unique sortant.

Le 15 mars 2007, celui qui était jusque là Secrétaire général de la présidence de la république est nommé ministre des Finances, du Budget et des Privatisations après le renvoi surprise de Payadowa Boukpessi (aujourd’hui ministre de l’Administration territoriale). Reconduit dans tous les gouvernements depuis lors, Adji Otèth Ayassor est finalement débarqué –non sans surprise – de la même manière qu’il a été nommé neuf ans plus tôt.

Rumeurs

Si aucun motif officiel n’a été donné par le décret de nomination du nouvel argentier du Togo, les bruits du limogeage de l’ancien professeur de droit couraient depuis un peu plus d’un an.

En juin 2015, un mois après la victoire de Faure Gnassingbé à la présidentielle, l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale laisse présager une sortie du « prof », comme est surnommé Adji Otèth Ayassor, qui est titulaire d’un doctorat en droit public (université de Bordeaux), d’un diplôme en résolution des conflits (université du Wisconsin) et d’un Master of Laws (Harvard).

À l’époque, la presse togolaise bruisse de rumeurs évoquant une implication supposée du désormais ex-ministre dans des affaires de corruption. Mais le président togolais lui renouvelle sa confiance, faisant de lui le seul ministre d’État et le numéro deux du gouvernement. Mais Adji Otèth Ayassor est désormais « assisté » de deux ministres délégués, l’un chargé de la Planification du développement et l’autre, du Budget.

C’est ce dernier, Sani Yaya, qui succède aujourd’hui à Adji Otèth Ayassor. Une nomination qui donne rétrospectivement raison à ceux qui pronostiquaient il y a un an, une éviction en douceur du grand argentier du gouvernement togolais.

Le nouveau ministre de l’Économie et des Finances du Togo est un banquier, ancien directeur de l’audit et du respect des normes au sein du groupe bancaire panafricain Ecobank et un ex-administrateur général de la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI).

Repos

Des sources proches du palais présidentiel évoquent le départ « bien préparé » de celui qui a tenu les cordons de la bourse depuis bientôt dix ans. Le bilan d’Adji Otèth Ayassor reste « très correct » confie un diplomate occidental en poste à Lomé.

En effet, l’homme a imposé une certaine rigueur dans la gestion des finances publiques au Togo, donnant parfois des sueurs froides à certains de ses collègues du gouvernement. Il a ainsi pu obtenir l’annulation d’une bonne partie de la dette extérieure du Togo et contribué par la fusion des régies financières (douanes et impôts) à l’augmentation des recettes de l’État.

En 2014 par exemple, l’Office togolais des recettes a récolté 457,9 milliards de F CFA (environ 700 millions d’euros, soit 10 % de plus que les prévisions), dont 54,3 milliards de F CFA de recettes douanières et fiscales supplémentaires par rapport à 2013 et 379 milliards de F CFA de recettes fiscales liquides (en hausse de +23 %). Des chiffres consolidés sur l’exercice 2015.

Lors d’un entretien fin juin 2015, Adji Otèth Ayassor confiait à Jeune Afrique son désir de « jouir d’une retraite bien méritée » pour se consacrer à sa famille. Si possible loin de Lomé.

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