Société

Zimbabwe : nouvelle arrestation d’un ancien combattant

Un haut responsable de l’Association des anciens combattants du Zimbabwe a été arrêté lundi par la police, a appris l’AFP, signe d’une intensification de la répression contre ce mouvement qui s’était montré critique, fin juillet, envers le président Robert Mugabe. Il s’agit du deuxième responsable des anciens combattants à avoir été arrêté en une semaine.

Par
Mis à jour le 2 août 2016 à 08:36

le 20 juillet, des milliers de partisans de Zimbabwe manifestent dans la rue pour le soutenir, alors que les vétérans marquent une rupture historique avec le président. © Tsvangirayi Mukwazhi/Ap/Siipa

La poigne du régime se resserre sur les vétérans au Zimbabwe. Victor Matemadanda, le secrétaire général de l’Association nationale des anciens combattants (ZNLWVA), a été emmené par la police alors qu’il s’était réuni avec un groupe de vétérans venus assister à l’audience de Douglas Mahiya, le porte-parole de cette association qui avait été arrêté mercredi dernier pour « subversion ».

Le jour de l’audience préliminaire de Douglas Mahiya, un grand nombre de militants des droits de l’homme s’étaient rassemblés devant le tribunal d’Harare en soutien au vétéran, qui a été libéré contre une caution de 300 dollars en attendant la date de sa prochaine comparution, pour le moment non communiquée.  

L’avocate de Douglas Matemadanda a expliqué à l’AFP que, comme son confère Douglas Mahiya, Victor Matemadanda est accusé d’avoir porté atteinte à l’autorité de Mugabe. Il avait d’ailleurs déjà été interpellé mercredi par la police, qui l’avait relâché vendredi dernier.

L’association des avocats zimbabwéens pour les droits de l’homme affirme qu’un autre membre de l’association des vétérans, Francis Nhando, a également été arrêté devant le tribunal.

Les vétérans tournent le dos à Mugabe 

Cette série d’arrestations fait suite à une déclaration choc des anciens combattants, qui ont annoncé la rupture de leur relations avec le président Mugabe dont ils ont vivement critiqué l’attitude dictatoriale, l’accusant de négliger les problèmes du pays.

La semaine dernière, Robert Mugabe avait menacé les auteurs de cette déclaration en déclarant : « Quand nous aurons découvert qui ils sont (…) la punition sera sévère ».

Une contestation civile à l’ampleur inédite

Auparavant partisans loyaux du président zimbabwéen, les vétérans rejoignent aujourd’hui la colère d’une partie de la population, qui se rassemble depuis quelques mois au sein d’une fronde citoyenne à l’ampleur inédite.

Exprimant leurs frustrations face à la crise économique qui paralyse le pays et la répression du régime, les contestataires fragilisent aujourd’hui le pouvoir à travers une série de manifestations et de grèves (lancées sur les réseaux sociaux sous le hashtag #thisflag).