Justice

Adama Traoré : renforcement de la mobilisation contre les violences policières

Lassana Traoré, l'un des frère de Adama Traoré. © Capture d'écran/BFMTV

Samedi 30 août, un millier de personnes étaient rassemblées devant la Gare du Nord, à Paris. Toutes réclament de connaître la vérité sur les circonstances de la mort d'Adama Traoré, le 19 juillet, après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise, en région parisienne.

Les manifestants et les proches d’Adama son restés cantonnés devant la Gare du Nord, bloqués par les CRS. Cela n’aura pas suffi à à étouffer leur colère ou émousser leur volonté de réclamer « justice pour Adama », décédé le 19 juillet après son interpellation par les gendarmes.

Les réponses apportées par les autorités ne satisfont par la famille endeuillée du jeune homme, qui soufflait ses 24 bougies le jour même du drame. Après deux autopsies et plusieurs versions des faits, l’incrédulité domine. D’autant plus que le procureur, Yves Jannier, ne s’est jamais exprimé sur le syndrome d’asphyxie évoqué dans les deux rapports d’autopsie, se cantonnant à souligner l’absence de traces de violences et l’existence d’une « infection très grave » touchant plusieurs organes.

Dans la version qu’ils ont donnée aux enquêteurs,  les gendarmes affirment en effet avoir employé « la force nécessaire » pour maîtriser le jeune homme. « Il a pris le poids de nos corps à tous les trois au moment de son interpellation », ont-ils ajouté. Une pression sur sa cage thoracique équivalant à 240 kilos a dénoncé pour sa part le nouvel avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, au Courrier de l’Atlas.

Lors d’une conférence de presse précédant la marche de samedi, l’un des frères d’Adama Traoré, Lassana Traoré, s’est exprimé sur la détermination de sa famille à obtenir justice, s’appuyant notamment sur les conclusions du second rapport (contre expertise) qui ne mentionnent plus l’infection et les problèmes cardiaques : « La seule question qu’il faut se poser maintenant que l’on sait qu’il a été asphyxié et donc tué (…) : qui sont les personnes qui ont commis ce meurtre et qui sont celles qui l’ont couvert ? Notre seul et unique objectif est la manifestation de la vérité. Cette contre-expertise d’autopsie apporte une part de vérité. Nous espérons que le défenseur des droits qui a été saisi et qui a ouvert une instruction sur cette affaire fera aussi avancer l’enquête. Ainsi que le juge d’instruction qui nous l’espérons mènerons une enquête exemplaire. »

Le débat travers l’Atlantique

Alors que la presse française commente et s’émeut vivement des violences policières outre-atlantique, le New York Times s’est fendu le 29 juillet d’un édito intitulé « Black Lives Matter in France », en référence au mouvement citoyen Black Lives Matter né en 2013 aux États-Unis pour dénoncer le racisme, les contrôles aux faciès et les violences policières dont sont régulièrement victimes les Africains-Américains.

Le journal dénonce la culture de l’impunité « profondément ancrée au sein de la police française, menant à des abus à l’égard de minorités. Des contrôles au faciès et des violences policières (sont) en recrudescence depuis l’instauration de l’État d’urgence », fustige le New York Times. Et de conclure : « L’État islamique a montré qu’il était capable d’exploiter les sentiments de colère et la folie pour commettre des meurtres. Maintenant plus que jamais, la police a besoin d’instaurer une relation de confiance avec les minorités en montrant son respect pour les droits de tous les citoyens français, quelle que soit leur religion ou leur couleur de peau, et montrer que la justice doit être appliquée de façon équitable. »

Après son décès, Adama Traoré avait dans un premier temps été présenté comme suspect dans une enquête pour extorsion de fonds. Le procureur expliquera par la suite qu’en réalité, Adama s’était interposé pendant l’interpellation de son frère, Bagui, sur lesquels se portaient les soupçons. Ce que dément l’avocat de la victime, selon qui Adama se serait enfui en courant car il n’avait pas ses papiers sur lui.

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