Politique

RDC : le calme est revenu à Kinshasa, retour sur trois journées de violences

| Par Jeune Afrique
Une rue de Kinshasa pendant les émeutes, le 19 janvier.

Une rue de Kinshasa pendant les émeutes, le 19 janvier. © AFP

Mercredi soir, le calme semblait de retour à Kinshasa. Après trois journées d’émeutes sanglantes contre le projet de loi électorale et l’hypothèse d’un maintien au pouvoir de Joseph Kabila.

 

 

 

Les raisons de la colère

Après l’adoption, samedi 17 janvier, de la loi électorale par l’Assemblée nationale, le Sénat devait étudier à son tour le texte, lundi 19 janvier, qui lie la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle aux résultats du recensement général.

Ce projet a mis le feu aux poudres car il est susceptible, selon l’opposition, d’aboutir à un report des scrutins prévus pour fin 2016 et de favoriser in fine le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, qui ne peut se représenter pour un troisième mandat dans l’état actuel de la Constitution.

Alors que l’opposition dénonce un « coup d’État constitutionnel », le gouvernement a dans un premier temps reconnu que le recensement électoral risquait d’entraîner un report de la présidentielle. Mais, mardi, au Sénat, le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, a voulu apaiser les choses en déclarant qu’il ne s’agissait que d’ »une ébauche ». « Il n’y a pas du tout de ‘conditionnalité’ » entre la tenue des élections présidentielle et législatives et la réalisation du recensement, a-t-il assuré.

Des émeutes meurtrières

Le bilan de ces trois journées de protestation est lourd. « Onze personnes dont un policier et dix pillards ont été tués (depuis lundi) dans les troubles », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. Selon une organisation congolaise de défense des droits de l’homme, ce bilan atteint 28 morts.

Mercredi, des affrontements sporadiques ont eu lieu dans les environs de l’université de Kinshasa, où les étudiants jouaient, en pleine chaleur, au chat et à la souris avec la police, aux cris de « Kabila dégage ». Des émeutiers ont incendié une mairie et de nombreux pillages ont eu lieu dans la capitale. « 343 pillards vont être présentés à la justice. Ils ont été arrêtés sur le terrain en flagrant délit », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

>> Lire aussi : Troisième jour de tension à Kinshasa, la police dénonce une manipulation de l’opposition

L’Église condamne le projet de loi

L’église catholique a réagi à cette spirale de violences. L’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, a appelé les autorités congolaises à ne pas « tuer » leurs concitoyens. « Nous (…) lançons vivement cet appel : arrêtez de tuer votre peuple », écrit l’archevêque, dans un communiqué publié mercredi. « Certains hommes politiques, avec les forces de l’ordre, sèment la désolation et créent l’insécurité générale », accuse le prélat.

Dans le même communiqué, il a également codamné le projet de révision de la loi électorale, point de départ des émeutes. « Nous désapprouvons et condamnons toute révision de la loi électorale » qui prolongerait « illégalement les échéances électorales de 2016 », a assuré le cardinal congolais.

Communications coupées, la colère s’étend à l’Est

Mercredi, les accès Internet étaient toujours coupés, ainsi que les services 3G et les SMS, et la plupart des écoles de Kinshasa étaient fermées. Il était également impossible de capter la radio française RFI ainsi que la station catholique Elikya.

À Goma, la grande ville de l’est de l’immense pays, la police a dispersé mercredi à coups de gaz lacrymogène une centaine d’étudiants qui avaient dressé une barricade sur la route menant à l’université.

>> Lire aussi : RDC : la protestation gagne l’Est, un policier grièvement blessé à Bukavu

Retour au calme

Mercredi soir, le calme semblait revenu à Kinshasa. Le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, s’est rendu dans l’après-midi sur le campus de l’université de Kinshasa, où de nombreux affrontements ont opposé étudiants et forces de l’ordre ces derniers jours.

La situation était globalement apaisée en fin d’après-midi dans les différents quartiers, notamment celui de Ndjili, proche de l’aéroport international, et le dispositif militaire et policier allégé par rapport aux deux journées précédentes.

(Avec AFP)
 

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