Politique

Libye : le chef de guerre Barka Wardougou vaincu par la maladie

Un soldat tunisien dans la région de Ben Guerdane, non loin de la frontière avec la Libye, en 2016. Photo d'illustration. © Benjamin Wiacek/AP/SIPA

Dans le paysage agité de la Libye post-Khadafi, il était un personnage clé. Barka Wardougou, chef de guerre toubou, s’est éteint le 26 juillet à l’âge de 60 ans dans une clinique de Dubaï.

Atteint d’un cancer à l’estomac, il y suivait des soins en toute discrétion depuis un an et demi, tout en faisant l’aller-retour entre son pays, la Libye, et le petit émirat. Ces six derniers mois, il les avait passés à l’hôpital, loin de ses terres.

Barka Wardougou, Toubou du clan des Teda, était une figure autant crainte que réputée tant au Niger qu’au Tchad et en Libye. Soupçonné d’avoir trempé dans plusieurs trafics aux confins de ces trois pays, il était considéré comme un redoutable « seigneur de guerre ».

Chef des Forces armées révolutionnaires du Sahara dans les années 1990

Il s’était fait connaître dans les années 1990 au Niger en tant que chef des Forces armées révolutionnaires du Sahara (Fars), une rébellion toubou qui militait pour l’autonomie du Kawar et du Manga et qui était soutenue par Mouammar Kadhafi. En 2008, il s’était acoquiné avec une autre rébellion nigérienne menée par des Touaregs, le Mouvement nigérien pour la justice (MNJ). Sans suite.

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En août 2011 il chasse les pro-Kadhafi de Mourzouk

Son principal fait de gloire interviendra trois ans plus tard, en Libye cette fois, en pleine révolution. Le 19 août 2011, à la tête du « bataillon du bouclier du désert », une force révolutionnaire rattachée au Conseil national de transition (CNT), il chasse les éléments pro-Kadhafi de l’oasis de Mourzouk, le fief des Toubous, située dans le Fezzan.

Homme fort du sud-ouest libyen

Depuis, Wardougou était considéré comme l’un des hommes forts du sud-ouest libyen. « Son rôle, à cette époque, fut très important, souligne un Toubou du Tchad qui le connaissait bien. Il a été le premier Toubou à prendre les armes contre Khadafi. Sans sa prise de position, le régime ne serait peut-être pas tombé, et les Toubous n’auraient pas eu le même poids après sa chute. »

Après la mort du « Guide », les Toubous, longtemps marginalisés en Libye, avaient cru leur heure venue. Les armes à la main, ils avaient pris le contrôle de plusieurs champs pétrolifères, du Sud mais aussi de l’Ouest, et de quelques villes stratégiques. Wardougou, qui dirigeait l’une des quatre brigades toubous du Fezzan et qui président le conseil militaire de Mourzouk, était l’un des principaux acteurs de cette nouvelle donne.

Sa disparition, qui a endeuillé sa communauté, risque-t-elle de redistribuer les cartes dans le Fezzan, une région instable en proie à de violents combats entre Touaregs, Toubous et Ouled Souleimane depuis plus de quatre ans ? « Rien ne l’indique pour l’heure, glisse un bon connaisseur de la zone. Mourzouk n’est pas disputée comme peuvent l’être Sebha ou Oubari ».

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