Banque

Nigeria : la Banque centrale augmente son taux directeur à 14 %

Billets de nairas, émis par la Banque centrale nigériane, gardienne de la politique monétaire et régulatrice du secteur bancaire. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Dans une décision surprise, la Banque centrale du Nigeria a augmenté son taux d'intérêt directeur de 200 points de base, le faisant grimper de 12 % à 14 %, son plus haut niveau depuis une dizaine d'années. En ligne de mire : l'inflation, qui atteint des niveaux records.

À rebours des prévisions des économistes, le Comité de politique monétaire de la Central Bank of Nigeria (CBN) a annoncé ce mardi 26 juillet une hausse de son taux  directeur, qui passe de 12 % à 14 %.

Cette augmentation de 200 points de base est la plus importante enregistrée depuis 2011 (voir le graphique ci-dessous). C’est également la deuxième en à peine quatre mois, après celle de mars dernier. La majorité des analystes interrogés par les agences Reuters et Bloomberg pariaient sur un maintien du taux ou sur une hausse de seulement 100 points de base, à 13 %.

Le taux directeur de la CBN est désormais à son plus haut depuis près d’une dizaine d’années.

(Si vous consultez cet article depuis notre application mobile, veuillez cliquer ici pour voir l’infographie.)


source: tradingeconomics.com

Intervenant devant la presse, Godwin Emefiele, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a expliqué cette décision par le besoin de lutter contre l’inflation, qui atteint des niveaux records.

« Le Comité a noté que l’inflation avait augmenté de manière significative, érodant le pouvoir d’achat des salariés à revenu fixe et ralentissant la croissance », a expliqué Godwin Emefiele, selon des propos rapportés par l’agence américaine Bloomberg.

L’inflation au Nigeria a atteint 16,5 % en juin dernier. Elle est en hausse de plus de 600 points de base depuis le début de l’année et atteint un niveau qui n’avait pas été observé depuis une décennie (voir le graphique ci-dessous).

(Si vous consultez cet article depuis notre application mobile, veuillez cliquer ici pour voir l’infographie.)


source: tradingeconomics.com

Risque de récession en 2016

La Banque centrale du Nigeria a toutefois décider de maintenir plutôt que d’augmenter le taux de réserve obligatoire des banques commerciales. Godwin Emefiele a rappelé que si le niveau d’inflation appelait un resserrement « évident » de la politique monétaire, la prudence restait cruciale et qu’il fallait tenir compte de la récession technique à laquelle fait face l’économie nigériane et des perspectives d’une croissance négative en 2016.

Selon le FMI, l’économie nigériane devrait se contracter de -1,8 % du PIB en 2016. Au premier trimestre, la croissance a été négative de -0,36 % du PIB. Les chiffres du deuxième trimestre, attendus en août, s’annoncent mauvais.

Dégringolade du naira

La persistance d’une inflation élevée au Nigeria est venu contredire les ambitions déclarées de la Banque centrale, notamment sa décision de maintenir pendant plusieurs mois une parité fixe entre le naira et le dollar américain (autour de 197-199 nairas pour un dollar). Une politique censée justement protéger la monnaie nigériane, amoindrir le choc du recul des prix du pétrole sur l’économie et limiter l’inflation.

Dans les faits, la monnaie nigériane s’est lourdement dépréciée sur le marché noir, l’économie marchande a beaucoup souffert du contrôle des devises étrangères et l’inflation a sensiblement augmenté.

En juin, la CBN a introduit un régime de change plus flexible et débloqué dans la foulée près de 4 milliards de dollars réclamés par les entreprises nigérianes.

Le naira, à nouveau flottant, est en très net recul recul depuis un mois. Le 22 juillet dernier, pour la première fois, la monnaie nigériane a dépassé le cap de 300 unités pour un dollars. Son cours a atteint 310,38 nairas pour un dollar à 15H16 GMT ce mardi 26 juillet.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte