Conso & Distribution

Bière : AB Inbev relève son offre sur SABMiller, en raison du Brexit

Bouteilles de bière Budweiser, Corona et Beck's du groupe Anheuser-Busch InBev et de bouteilles de Peroni et Bulmers propriétés de SABMiller.

Bouteilles de bière Budweiser, Corona et Beck's du groupe Anheuser-Busch InBev et de bouteilles de Peroni et Bulmers propriétés de SABMiller. © Justin Tallis/AFP

AB InBev, numéro un mondial de la bière, a relevé ce mardi son offre sur le brasseur britannique SABMiller, né en Afrique du Sud et leader sur le continent. Une hausse qui fait suite à la chute de la livre sterling dans la foulée du vote pour le Brexit.

De plus en plus d’actionnaires de SABMiller, numéro deux du secteur basé à Londres, manifestaient leur résistance au rachat géant annoncé en novembre, évalué alors à 121 milliards de dollars. Et ce montant s’était considérablement réduit en raison du plongeon de la livre après le vote britannique du 23 juin en faveur de la sortie de l’Union européenne.

Dans un communiqué, le belgo-brésilien AB Inbev a annoncé qu’il offrait désormais 45 livres par action, contre 44 livres précédemment, ce qui valorise SABMiller à environ 79 milliards de livres (103 milliards de dollars). Interrogé par l’AFP sur les conséquences du relèvement de cette offre sur le calendrier prévu de la fusion, une porte-parole d’AB InBev a indiqué que le groupe « ne s’attendait pas à un quelconque retard ». « Nous prévoyons toujours de boucler la transaction en 2016 », a assuré une porte-parole du groupe.

Ce mariage vise à ouvrir à AB InBev les portes du prometteur marché africain.

Cette nouvelle offre représente une valeur ajoutée d’environ 53 % du prix de l’action de SABMiller, tel qu’il était au moment où les premières informations sur les projets de fusion avaient filtré en septembre 2015.

Pour AB InBev, elle va peser sur ses comptes. « Ce relèvement va engendrer un coût supplémentaire de 1,5 milliard de livres ou 2 milliards de dollars, au taux de change actuel », a déclaré la banque néerlandaise ING Bank, dans une note à ses clients. « Cependant, si on la compare à l’offre précédente au taux de change en vigueur avant le (vote sur le) Brexit, elle est à vrai dire moindre de trois milliards de dollars », a-t-il ajouté.

SABMiller a indiqué dans un communiqué qu’il « prenait note » de l’annonce d’AB Inbev. « Le conseil d’administration va continuer à consulter ses actionnaires et se réunir en temps voulu pour examiner la nouvelle offre. Une annonce sera faite ensuite », a-t-il ajouté.

L’appel de l’Afrique du Sud

Si l’union en Ab Inbev et SABMiller voit le jour, elle constituera la troisième plus importante fusion jamais enregistrée tous secteurs confondus.

Ce mariage vise à ouvrir à AB InBev les portes du prometteur marché africain, où SABMiller est très bien implanté, notamment en Afrique du Sud, son berceau.

L’Europe, avec sa population vieillissante – moins consommatrice d’alcool et de plus en plus séduite par les cocktails -, n’est en effet plus l’avenir du houblon, selon les analystes.

À eux deux, AB InBev et SABMiller brassent près de 60 milliards de litres par an, soit trois fois plus que l’actuel numéro trois du secteur, le néerlandais Heineken, et vendent près d’une bière sur trois dans le monde, de la mexicaine Corona (hors Etats-Unis) à l’australienne Foster’s en passant par la chinoise Snow – la marque la plus écoulée sur la planète.

De fait, pour obtenir le feu vers des autorités de la concurrence – États-Unis, Canada, Amérique du Sud, Australie, Inde, Corée du Sud, UE et Afrique du Sud – AB InBev a accepté des concessions, notamment la cession de plusieurs filiales.

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