Économie

RD Congo : une banque kényane candidate à la reprise de la Biac, affirme Bloomberg

Commercial Bank of Africa, l’une des plus importantes banques du Kenya, a envoyé une lettre – consultée par l’agence américaine « Bloomberg » – à la Banque centrale du Congo pour exprimer son intérêt dans la reprise de la Biac, un des plus grands établissements bancaires de la RD Congo, actuellement en difficultés.

Mis à jour le 26 juillet 2016 à 13:13

La Biac compte environ 150 agences à travers le pays. © DR

La lettre, datée du 30 juin, est signée de la main d’Isaac Awuondo. Selon l’agence de presse Bloomberg, le directeur général de Commercial Bank of Africa (CBA) y exprimerait son intérêt à s’installer en RD Congo en investissant dans la recapitalisation de la Biac – troisième banque du pays jusqu’à sa mise sous administration provisoire en mai dernier.

Les sources proches du dossier estiment que 100 millions de dollars seraient nécessaires pour remettre à flots la banque, propriété à 100 % de l’entrepreneur Elwyn Blattner.

Contacts précédents

Le nom de CBA n’est pas une surprise pour ceux qui suivent de près le dossier : la banque, contrôlée par la famille Kenyatta, avait selon nos informations déjà été en contact avec Elwin Blattner avant la mise sous administration provisoire. Elle entend par ailleurs emboîter le pas à Equity Bank, qui a acquis en mai 2015 ProCrédit Bank Congo et se déploie depuis sur un marché largement sous-bancarisé.

Les administrateurs provisoires de la Biac ont six mois (depuis le 30 mai) pour trouver une sortie à la crise que connaît la Biac.

Cette dernière, dont les causes semblent multiples (mauvaise gestion mais aussi arrêt d’une ligne de financement accordé par la Banque centrale), a pris une tournure politique, depuis que le Premier ministre, Patata Ponyo Mapon, et le gouverneur de la Banque centrale, Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, s’opposent publiquement sur le sujet.

Une « mafia financière » dénoncée par le Premier ministre

La semaine dernière, dans un communiqué très inhabituel, le Premier ministre s’est emporté contre l’envolée des besoins de refinancement de la Biac, dénonçant une « mafia financière connectée à la Banque centrale » au sein de l’établissement bancaire.

Par la voie de son porte-parole, Plante Kibadhi, la Banque centrale congolaise s’est indignée de ce texte et a justifié cette dérive par l’augmentation du paiement d’impôts par les déposants de la Biac, ajoutant que ces paiements, principalement en faveur du Trésor public congolais, ne nécessitent pas que les comptes soient provisionnés.

La Primature a depuis réagi en soulignant que ces paiements cachent en réalité des pratiques frauduleuses ayant pour objectif de retirer de l’argent auprès de la Biac. Le Premier ministre et le gouverneur s’opposent également sur les conséquences sur le franc congolais de l’évolution du besoin de financement de la Biac.

Septième banque kényane par le total de bilan (environ 2,1 milliards de dollars fin 2015), CBA a déjà débuté son déploiement hors du Kenya, avec une présence en Ouganda et en Tanzanie.